Les six pays du bassin du Congo — Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gabon et République du Congo — ont lancé, avec l’appui de la Groupe de la Banque mondiale, des feuilles de route stratégiques pour les marchés du carbone et le financement climatique destinées à transformer la vaste richesse forestière de la région en moteur de croissance durable et résiliente.
Adossées aux données des Comptes écosystémiques forestiers du bassin du Congo, ces feuilles de route détaillent des plans pays adaptés aux contextes institutionnels et techniques de chacun, afin de permettre une participation crédible aux marchés mondiaux du carbone, la mobilisation de financements climatiques basés sur les résultats et la création d’emplois verts. Elles s’inscrivent dans le cadre plus large des services analytiques et consultatifs de la Banque mondiale pour la région.
Priorités et opportunités pour les pays à haute forêt
Les documents stratégiques encouragent notamment :
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l’alignement des cadres nationaux sur les articles 6.2 et 6.4 de l’Accord de Paris ;
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le développement de capacités institutionnelles et de systèmes numériques de MRV (Surveillance, Reporting et Vérification) indispensables pour assurer la transparence et l’intégrité environnementale ;
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la clarification des cadres juridiques et fiscaux relatifs aux crédits carbone ;
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l’engagement du secteur privé et des communautés locales dans les chaînes de valeur carbone ;
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l’attraction d’investissements climatiques à long terme et de partenariats techniques.
Des pays comme le Gabon et la République du Congo progressent déjà avec des accords pilotes fondés sur les résultats et des avancées dans le cadre REDD+, tandis que la Guinée équatoriale et la République centrafricaine renforcent encore leurs dispositifs institutionnels pour se positionner sur ces marchés.
Chakib Jenane, directeur régional de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a souligné que les forêts du bassin du Congo représentent non seulement un rôle crucial dans la régulation climatique mondiale mais aussi des actifs financiers significatifs pour le développement économique local, la création d’emplois et la résilience des communautés.
Cette initiative cadre avec les efforts régionaux pour passer d’un modèle de perte ou dégradation des forêts à une dynamique de croissance axée sur la conservation et la valorisation durable des ressources forestières.
