Le groupe Agence française de développement (AFD) entre dans une nouvelle phase de gouvernance avec la nomination de Christophe Lecourtier au poste de directeur général à compter du 11 mai 2026. Ancien ambassadeur de France au Maroc et ex-directeur général de Business France, il succède à Rémy Rioux après dix années à la tête de l’institution. Cette transition intervient dans un contexte international marqué par de fortes mutations géopolitiques, climatiques et économiques, plaçant les enjeux de financement du développement au cœur des priorités internationales.
La nomination de Christophe Lecourtier a été officialisée par décret du Président de la République française en Conseil des ministres le 15 avril 2026, après avis favorables des commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Diplomate et spécialiste des questions économiques internationales, Christophe Lecourtier dispose d’une expérience reconnue dans les domaines de l’attractivité économique, du commerce international et de la coopération. Avant sa nomination, il occupait les fonctions d’ambassadeur de France au Maroc depuis 2022. Il a également dirigé Business France entre 2017 et 2022, contribuant au développement des relations économiques internationales françaises.
Son arrivée à la tête du groupe AFD marque l’ouverture d’un nouveau cycle stratégique pour l’institution, acteur majeur du financement du développement et partenaire de référence dans de nombreux pays africains et francophones.
Un contexte international sous fortes tensions
Cette transition intervient dans un environnement particulièrement complexe pour les institutions de financement du développement. Les tensions géopolitiques, les défis climatiques, les enjeux de souveraineté économique ainsi que les contraintes budgétaires internationales redéfinissent les priorités de la coopération internationale.
Le groupe AFD joue un rôle central dans le financement des politiques publiques, des infrastructures, de la transition énergétique, du développement urbain et du soutien au secteur privé dans plus de 160 pays et territoires. L’institution pilote également des projets alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.
Dans ce contexte, les attentes autour de la nouvelle direction portent notamment sur la capacité du groupe à consolider ses partenariats, à accompagner les transitions économiques et à renforcer l’impact de ses financements dans les territoires partenaires.
L’Afrique et l’espace francophone au cœur des enjeux
La nomination de Christophe Lecourtier est observée avec attention dans les écosystèmes économiques africains et francophones. Le continent africain représente en effet un espace stratégique pour les politiques de développement, d’investissement et de coopération économique internationale.
Les enjeux liés au financement des infrastructures, à l’accompagnement des PME, à la transition énergétique, à l’industrialisation ou encore à l’intégration régionale devraient continuer à occuper une place importante dans les orientations du groupe AFD.
Dans cette dynamique, les réseaux consulaires, les chambres de commerce et les institutions économiques régionales apparaissent comme des partenaires essentiels pour favoriser la mise en œuvre des projets de développement, soutenir l’investissement et renforcer les coopérations économiques entre les territoires francophones.
Une continuité dans les ambitions du groupe AFD
Après dix années de mandat de Rémy Rioux, le groupe AFD aborde une nouvelle étape de son développement institutionnel. Sous sa direction, l’institution a renforcé sa présence internationale et consolidé son positionnement comme acteur global du financement du développement durable.
La prise de fonctions de Christophe Lecourtier s’inscrit ainsi dans une logique de continuité, avec la volonté de poursuivre les engagements du groupe en faveur du climat, de la résilience économique, de la biodiversité, de l’inclusion et de la coopération internationale.
Dans une période qualifiée de « charnière » par plusieurs observateurs, cette nomination reflète également l’importance croissante accordée aux outils de diplomatie économique et de financement du développement dans les relations internationales contemporaines.
