La Francophonie économique comme levier stratégique de croissance et de coopération

Mise à jour le 21 mai 2026

À l’occasion des Rendez-vous d’affaires de la Francophonie 2026 (RVAFQ), organisés à Québec, le panel d’ouverture intitulé « Croître autrement : la Francophonie économique comme levier stratégique » a réuni plusieurs acteurs économiques et consulaires de premier plan autour des enjeux de croissance, d’innovation et de coopération entre espaces francophones.

Présenté par Québec International, cet échange a mis en lumière la capacité de la Francophonie économique à constituer un espace structurant pour les entreprises, en favorisant les complémentarités entre territoires, le partage d’expertises et l’émergence de partenariats durables entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord.

Une réflexion portée par des acteurs majeurs de l’écosystème économique francophone

Le panel a réuni :

  • Carl Viel, président-directeur général de Québec International ;
  • Dominique Restino, président de la CCI Paris Île-de-France, fondateur et président de l’Institut du mentorat entrepreneurial (IME France) ainsi que du Moovjee / Groupe Twoo ;
  • Françoise Wheatley, vice-présidente d’Initiative France ;
  • Youssouf Moussa Dawaleh, président de la CC de Djibouti et de la CPCCAF.

À travers leurs interventions, les participants ont souligné la nécessité de renforcer les passerelles économiques entre les territoires francophones afin de soutenir la diversification des économies, l’entrepreneuriat et l’intégration des PME dans les chaînes de valeur internationales.

Djibouti, un carrefour stratégique au cœur des échanges régionaux

Lors de son intervention, Youssouf Moussa Dawaleh a présenté la situation entrepreneuriale à Djibouti, en mettant en avant la position stratégique du pays à la jonction de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie.

Il a rappelé que Djibouti constitue aujourd’hui un hub logistique majeur en Afrique de l’Est, notamment grâce à son infrastructure portuaire et au développement de la zone franche internationale de Djibouti (DIFTZ). Il a également souligné les efforts engagés en matière de réformes structurelles, de digitalisation des procédures et de développement des énergies renouvelables.

Dans le même temps, plusieurs défis structurels demeurent, notamment l’accès au financement pour les PME, la nécessité de renforcer les compétences dans les secteurs émergents et l’enjeu de diversification économique dans un contexte régional marqué par des tensions géopolitiques.

Le président Dawaleh a insisté sur la résilience des entrepreneurs djiboutiens, capables de s’adapter à un environnement international instable tout en développant de nouvelles perspectives vers les marchés africains francophones et les échanges intra-régionaux.

Le rôle central des chambres consulaires dans l’accompagnement des entreprises

Le deuxième temps d’échange a porté sur les leviers nécessaires pour soutenir la croissance et la diversification des entreprises francophones.

À cette occasion, la CPCCAF a été présentée comme un acteur structurant de l’accompagnement entrepreneurial au sein de l’espace francophone. Regroupant plus de cinquante chambres consulaires à travers l’Afrique et la Francophonie, la CPCCAF œuvre au renforcement des capacités des entreprises, à leur mise en réseau et à leur accompagnement vers la formalisation et l’accès aux marchés.

Les échanges ont également mis en avant plusieurs priorités stratégiques :

  • le développement de mécanismes de financement adaptés aux PME africaines ;
  • l’essor des fintechs et du mobile banking comme outils d’inclusion financière ;
  • la mobilisation des diasporas comme vecteurs d’investissement et de transfert de compétences ;
  • l’accompagnement des entreprises dans les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Une Francophonie économique pensée comme un espace de complémentarité

Le panel a enfin souligné le potentiel de la Francophonie comme espace économique structuré, fondé sur des complémentarités entre les territoires.

Selon Youssouf Moussa Dawaleh, l’Afrique, l’Europe francophone, le Québec et l’Asie disposent d’atouts complémentaires permettant de construire des partenariats équilibrés : marchés émergents, expertise technologique, accès aux capitaux, innovation et réseaux d’affaires.

La langue française a été présentée comme un facteur facilitateur de coopération économique, réduisant les coûts de transaction et favorisant la confiance entre partenaires.

Dans cette perspective, plusieurs pistes de coopération ont été évoquées :

  • la création de corridors commerciaux francophones ;
  • le développement de jumelages entre chambres de commerce ;
  • l’organisation de missions économiques croisées ;
  • le recours au numérique pour renforcer les mises en relation d’affaires à l’échelle francophone.

Des ambitions concrètes pour les Rendez-vous d’affaires de la Francophonie

Les panélistes ont rappelé la nécessité de transformer les échanges institutionnels en résultats économiques tangibles.

Parmi les propositions avancées figurent :

  • la mise en place d’un mécanisme de suivi des partenariats initiés lors des RVAFQ ;
  • la création d’un fonds francophone d’investissement dédié aux PME ;
  • l’élaboration d’un agenda entrepreneurial francophone commun afin de renforcer la coordination et la visibilité des initiatives économiques.

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