Afrique : le virage numérique de l’État reste inachevé

Mise à jour le 22 mai 2026

Depuis vingt ans, les États africains investissent dans la digitalisation des services publics pour rendre l’administration plus accessible, plus rapide et plus transparente. Mais malgré les progrès visibles, l’e-gouvernement ne tient pleinement ses promesses que là où l’accès à Internet, à l’électricité et aux compétences numériques est réellement partagé par tous.

Une modernisation réelle, mais inégale

Portails en ligne, services mobiles et démarches dématérialisées se sont multipliés à travers le continent. La crise du Covid-19 a accéléré cette évolution, en plaçant le numérique au cœur de secteurs comme la santé, l’éducation et les services administratifs. En parallèle, la connectivité a progressé, avec une hausse des abonnements Internet et l’extension continue des réseaux mobiles.

Cependant, la mise en ligne des services ne suffit pas à garantir leur usage. L’accès inégal à Internet et à l’électricité, le coût élevé de la data et le faible niveau de compétences numériques freinent encore fortement l’adoption des services publics numériques par les populations les plus vulnérables.

Le risque d’une nouvelle fracture

L’enjeu est désormais moins technologique que social et politique. Sans politiques d’inclusion numérique, la digitalisation peut accentuer les écarts entre citoyens connectés et citoyens exclus, au lieu de réduire les inégalités.
Autrement dit, un service public digitalisé n’est utile que s’il est réellement utilisable par tous, y compris dans les zones rurales et par les populations les moins favorisées.

Deux priorités clés

L’analyse proposée dans l’article s’appuie sur deux dimensions du développement de l’e-gouvernement : le capital humain et les services en ligne. L’idée est simple : pour réussir une digitalisation inclusive, il faut à la fois des populations capables d’utiliser le numérique et des services publics en ligne de qualité.

Cette lecture met en évidence une priorité stratégique pour les États africains : passer d’une logique de modernisation technique à une véritable politique d’inclusion numérique.
L’e-gouvernement n’est donc pas une fin en soi ; il ne prend tout son sens que s’il améliore concrètement la vie de tous.

Source : La promesse inachevée de l’e-gouvernement en Afrique, 22 mai 2026, BearingPoint.

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