Le Congo plaide pour un sommet Canada-Afrique formel

Mise à jour le 26 mai 2026

L’ambassadeur du Congo Brazzaville au Canada, SEM Appolinaire AYA, estime qu’un sommet formel Canada-Afrique enverrait un signal politique « d’une portée considérable ». Dans cet entretien accordé à AfricaPresse.paris, il défend une coopération canado-africaine plus structurée, fondée sur le partenariat, le pragmatisme et la reconnaissance du poids stratégique du continent africain.

Une relation plus équilibrée avec le Canada

Selon lui, le contexte canadien diffère nettement de celui de la France : la relation y serait moins marquée par l’héritage post-colonial et davantage par le multilatéralisme et la coopération institutionnelle. Il souligne qu’Ottawa cherche à renforcer sa présence en Afrique, ce qui donne aux ambassadeurs africains un rôle plus stratégique.

SEM AYA estime aussi que le regard porté sur l’Afrique évolue au Canada. Le continent est de plus en plus perçu comme un espace d’opportunités démographiques, économiques et géopolitiques, notamment dans un contexte mondial de recomposition des alliances.

La diplomatie décentralisée en exemple

L’ambassadeur insiste sur l’intérêt de la coopération décentralisée, facilitée par la structure fédérale du Canada. Il cite notamment l’Alberta, province experte dans l’exploitation du pétrole bitumineux, comme un partenaire potentiel pour des pays africains producteurs d’hydrocarbures, dont la République du Congo.

À ses yeux, ce type de partenariat permettrait de créer des ponts concrets entre territoires confrontés à des enjeux similaires, tout en renforçant le transfert d’expertise et la prise en compte des questions environnementales.

Immigration, francophonie et multilatéralisme

Sur la question migratoire, SEM AYA rappelle que le Canada sélectionne des profils hautement qualifiés dans des secteurs stratégiques, ce qui alimente le débat sur la fuite des cerveaux en Afrique. Il considère que cette situation pose une question de justice dans les relations entre le Nord et le Sud.

Il évoque également le rôle important de la francophonie au Canada, qui ne se limite pas au Québec mais s’étend à d’autres communautés et provinces. Il rappelle que le Sommet de la Francophonie de 2028 se tiendra à Ottawa, signe du positionnement affirmé du Canada dans cet espace.

Un appel à un cadre plus structuré

L’ambassadeur souligne enfin que le Canada ne dispose pas encore d’un sommet institutionnalisé avec l’Afrique, contrairement à d’autres puissances comme la Chine ou la France. Il affirme qu’un cadre formel de dialogue avec l’Union africaine et les organisations régionales serait très utile.

Le groupe des ambassadeurs africains à Ottawa milite en ce sens. À leurs yeux, le Sommet de la Francophonie de 2028 pourrait offrir une occasion idéale pour organiser, en marge de l’événement, une rencontre de haut niveau entre les autorités canadiennes et les dirigeants africains.

 

Source : AfricaPresse.paris, entretien avec SEM Appolinaire AYA, Ambassadeur du Congo Brazzaville au Canada, publié le 23 mai 2026.

A lire aussi

Les chaînes d’approvisionnement au cœur des enjeux géopolitiques et économiques

Rendez-vous d’affaires de la Francophonie à Québec : la CPCCAF mobilisée autour des enjeux de coopération économique francophone

Avec le réseau des chambres consulaires africaines francophones, faites entendre la voix de votre entreprise