La CCIS de Rabat mobilise les acteurs du commerce en amont du Débat national

Mise à jour le 26 février 2026

À l’approche du Débat national sur le commerce, placé sous le slogan « Commerce du Maroc 2030 », l’annexe de la Chambre à Khamisat a accueilli, le 24 février 2026, une réunion consultative dédiée au développement du secteur du commerce et de la distribution. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de concertation visant à faire émerger des propositions concrètes au service de la modernisation du tissu commercial régional et national.

Organisée par la Délégation de l’Industrie et du Commerce et la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de la région Rabat-Salé-Kénitra, la réunion a rassemblé un large éventail d’acteurs institutionnels et professionnels : représentants de la Chambre régionale, des services de l’Industrie et du Commerce, de l’Agence urbaine, de la Direction du logement et de la politique urbaine, ainsi que des membres d’organisations professionnelles.

Une vision stratégique pour « Commerce du Maroc 2030 »

En ouverture, le vice-président de la Chambre régionale a rappelé que cette démarche participative vise à consolider une vision ambitieuse pour le commerce marocain à l’horizon 2030. L’enjeu : moderniser les infrastructures, structurer les activités commerciales et renforcer leur rôle comme levier de dynamisation de l’économie nationale.

Dans cette perspective, l’annexe de Khamisat a déjà initié, en juillet 2025, un forum régional des commerçants ayant abouti à l’adoption de la « Déclaration de Khamisat », un socle de recommandations en faveur d’un secteur plus compétitif et inclusif.

Diagnostic territorial et défis structurels

Le représentant de l’Industrie et du Commerce a présenté un état des lieux détaillé du secteur dans la région. Parmi les principales contraintes identifiées :

  • Insuffisante intégration du commerce dans les plans d’urbanisme ;

  • Érosion du pouvoir d’achat liée au ralentissement agricole et industriel ;

  • Concurrence informelle et prolifération du commerce ambulant ;

  • Pression fiscale accrue ;

  • Manque d’infrastructures adaptées (marchés de gros, abattoirs, espaces d’exposition) ;

  • Faible accès au financement bancaire ;

  • Complexité des procédures administratives.

Les échanges ont porté sur cinq axes structurants : urbanisme commercial intégré, inclusion financière, digitalisation des circuits de distribution, équité territoriale et cadre réglementaire.

Des recommandations opérationnelles

Au terme des discussions, un ensemble de propositions a été formulé afin d’alimenter le futur débat national. Parmi les mesures phares :

  • Simplification et digitalisation des procédures d’octroi de licences, avec implication accrue des Chambres professionnelles ;

  • Mise en place de centres dédiés aux démarches administratives pour encourager l’investissement ;

  • Révision de la fiscalité commerciale et adoption de mécanismes de financement incitatifs ;

  • Création d’un observatoire national du commerce ;

  • Réhabilitation et intégration progressive du secteur informel ;

  • Déploiement d’infrastructures commerciales modernes et intégrées dans la planification urbaine ;

  • Promotion des paiements électroniques et de la formation continue, notamment en matière de digitalisation et d’e-commerce ;

  • Réforme du cadre juridique régissant les Chambres afin de renforcer leur rôle décisionnel.

Cette réunion confirme la volonté des acteurs régionaux d’inscrire le commerce au cœur des stratégies de développement territorial, en privilégiant une approche concertée et prospective.

A lire aussi