SIEPA 2026 : l’Afrique interroge l’avenir de ses ressources extractives

Mise à jour le 18 mai 2026

La 23e édition du Salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (SIEPA) s’est tenue les 12 et 13 mai 2026 à Dakar autour du thème « Les ressources extractives : enjeux et perspectives ». Réunis à l’initiative de l’ASDEA, en partenariat avec l’ADEA et le ministère sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, décideurs, experts et acteurs privés ont débattu des conditions d’une exploitation plus stratégique des ressources africaines.

Valoriser les richesses du continent

Pour le président de l’ASDEA, Mohamed Seck, l’Afrique dispose d’atouts considérables, entre pétrole, gaz, minéraux stratégiques, terres rares et potentiel en énergies renouvelables. L’enjeu majeur, selon lui, est de transformer ces richesses en prospérité durable pour les populations. Il a rappelé que le SIEPA se veut un espace de dialogue et de réflexion sur plusieurs priorités : gouvernance des ressources naturelles, transparence, valorisation locale, transition énergétique, financement des infrastructures et développement des compétences.

Le président de l’ADEA, Jean Pierre Favennec, a pour sa part replacé les débats dans un contexte mondial marqué par la hausse continue de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre. Il a estimé que les ressources minières restent indispensables au développement du continent, tout en appelant à une meilleure anticipation des tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz.

Une trajectoire énergétique à définir

Représentant le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le secrétaire général du ministère, Cheikh Niane, a salué l’engagement constant de l’ADEA et de l’ASDEA en faveur du dialogue énergétique africain. Il a rappelé que les questions énergétiques occupent une place centrale dans les stratégies de souveraineté économique, de transformation industrielle et de résilience des États.

Pour lui, l’Afrique doit définir sa propre trajectoire énergétique face aux tensions sur les marchés mondiaux et aux impératifs de la transition. Il a souligné le contraste entre le déficit d’accès à l’énergie pour des centaines de millions d’habitants et l’important potentiel du continent en ressources fossiles, renouvelables et minières. Selon lui, le défi consiste à concilier la hausse des besoins énergétiques, le développement industriel et les engagements internationaux.

Le responsable a également mis en avant le tournant représenté par l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole, à travers les projets GTA et Sangomar. Ces développements ouvrent, selon lui, des perspectives en matière de recettes budgétaires, d’industrialisation, de production électrique, de contenu local, de formation et d’emploi des jeunes.

Gouvernance, environnement et intégration régionale

Au-delà des performances techniques et financières, Cheikh Niane a insisté sur l’importance de la gouvernance et de la valorisation stratégique des ressources. Il a présenté le SIEPA comme une invitation à réfléchir aux conditions d’une exploitation responsable, conciliant attractivité des investissements, souveraineté économique, protection de l’environnement et développement partagé.

Il a aussi replacé ces enjeux dans une perspective régionale, en évoquant la finalisation des interconnexions électriques du West African Power Grid, les projets gaziers transfrontaliers et l’intégration progressive des marchés énergétiques ouest-africains.

L’Italie en partenaire de coopération

Invité d’honneur de cette édition, l’Italie a réaffirmé son intérêt pour les partenariats économiques avec le Sénégal et la sous-région. Le président de la Chambre de Commerce Italie-Sénégal et Afrique de l’Ouest (CISAO), Félice Barlassina, a mis en avant le dilemme auquel fait face l’Afrique : exploiter ses ressources tout en préservant l’environnement. Il a plaidé pour une gestion des ressources naturelles tournée vers les populations et un développement durable fondé sur le capital humain et social.

Le directeur de l’Italian Trade Agency à Dakar, Alessandro Germino, a également appelé à des partenariats mutuellement bénéfiques, rappelant la place de l’Italie dans le secteur des hydrocarbures et des services énergétiques. Il a souligné le rapprochement croissant entre les milieux d’affaires italien et sénégalais, illustré par une participation renforcée aux grands événements économiques organisés dans les deux pays.

Source : Onass Mendy, « 23ème édition du SIEPA : Enjeux et perspectives des ressources extractives », BIE / CCIAD, publié le 15 mai 2026.

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