À Abidjan, des acteurs ivoiriens renforcent l’intégration de l’adaptation climatique dans les projets de développement

Mise à jour le 20 mai 2026

À Abidjan, 28 acteurs ivoiriens ont pris part, du 11 au 13 mai 2026, à une formation consacrée à l’intégration de l’adaptation climatique dans des projets de développement financés par des guichets non climatiques. Cette initiative, portée dans un contexte d’intensification des effets du réchauffement, vise à doter les institutions nationales d’outils concrets pour mieux anticiper les vulnérabilités et orienter les financements.

Renforcer les capacités nationales

Dès l’ouverture de l’atelier, les représentants de la GIZ et de l’IFDD ont souligné l’importance de renforcer les capacités nationales afin de mieux mobiliser des ressources encore insuffisamment exploitées. Les participants ont suivi un parcours mêlant apports théoriques, outils méthodologiques, études de cas et exercices pratiques, avec l’objectif de rendre l’adaptation climatique plus opérationnelle dans la planification du développement.

La formation a réuni six femmes et onze jeunes de moins de 35 ans, illustrant une dynamique inclusive et la volonté d’associer davantage les nouvelles générations aux politiques climatiques. Au fil des échanges, l’adaptation est apparue non plus comme une variable technique, mais comme un impératif stratégique pour les politiques publiques ivoiriennes.

Intégrer le climat au développement

Les travaux ont permis de revenir sur les bases scientifiques du changement climatique, ses impacts en Côte d’Ivoire et les défis structurels du pays, notamment le manque de données climatiques, la coordination institutionnelle encore limitée et le niveau des besoins financiers, estimés par les formateurs à 18 fois les flux actuels. L’expression « climatiser le développement » a résumé l’ambition de la formation : intégrer systématiquement les enjeux climatiques dans tous les secteurs de planification.

Les participants ont également travaillé sur des outils de diagnostic de vulnérabilité, des cadres logiques adaptés, des systèmes de suivi et d’évaluation, ainsi que des mécanismes de gouvernance et de cartographie des parties prenantes. Les échanges ont montré que de nombreux plans d’adaptation restent difficiles à mettre en œuvre faute d’ancrage communautaire, d’outils adaptés ou de suivi rigoureux.

Vers une budgétisation sensible au climat

Une part importante de la formation a été consacrée à la budgétisation sensible au climat. Les participants ont appris à identifier, coder et suivre les dépenses climatiques, à distinguer les activités favorables, défavorables ou neutres, et à prévenir les risques de « greenwashing budgétaire ». Les méthodologies internationales ont été examinées à la lumière des pratiques émergentes en Côte d’Ivoire.

Cet apprentissage est présenté comme une étape importante pour améliorer la traçabilité des financements et renforcer la cohérence entre politiques sectorielles, priorités nationales et objectifs d’adaptation.

Une note conceptuelle prometteuse

L’exercice final a consisté en l’élaboration collective d’une note conceptuelle. Le projet de renforcement de l’inclusion financière et de la résilience des chaînes de valeur agricoles des PME-PMI a recueilli 88% des voix, devant une initiative orientée vers la santé. Ce choix reflète les priorités identifiées par les participants, notamment l’agriculture, les ressources en eau et les zones côtières.

Les formateurs ont salué la qualité du travail produit tout en recommandant de renforcer certains aspects, comme l’intégration des Objectifs de développement durable, la cartographie des zones concernées et une meilleure précision des guichets financiers mobilisables.

Une dynamique générationnelle

Au-delà des outils techniques, l’atelier a mis en évidence une dynamique générationnelle forte. Les jeunes professionnels présents ont contribué activement aux discussions, tandis que les participantes ont apporté des perspectives jugées essentielles sur la gouvernance locale et l’équité. Cette diversité de profils a nourri des échanges jugés particulièrement riches par les organisateurs.

La session s’est conclue sur l’idée que cette formation n’était qu’une première étape. Les travaux se poursuivront pour finaliser la note conceptuelle et accompagner les institutions dans la mise en œuvre. À Abidjan, s’est ainsi esquissée une approche du développement plus intégrée, plus inclusive et mieux armée face aux enjeux climatiques.

 

Source : IFDD, À Abidjan, les acteurs nationaux s’outillent pour intégrer l’adaptation climatique dans les projets de développement, par Lionelle Ngo-Samnick.

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