L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) poursuit en 2026 son engagement en faveur d’un cinéma africain plus structuré, plus compétitif et davantage ouvert sur les marchés internationaux. À travers le Parcours panafricain de production (PPP), une quarantaine de productrices et producteurs africains bénéficieront cette année d’un dispositif combinant formation, immersion professionnelle et mise en réseau.
Un programme de structuration
Lancé en 2025 par l’OIF et Canal+ University, en s’appuyant sur le Master exécutif de production cinéma de l’École supérieure des arts visuels de Marrakech (ESAV), le PPP répond à un enjeu central : renforcer l’émergence de producteurs africains capables de porter des projets de niveau international. L’objectif est de contribuer à l’essor d’un cinéma africain mieux maîtrisé, rentable et exportable.
Après une première cohorte de 54 apprenants, le programme accompagnera en 2026 40 productrices et 40 producteurs à travers 10 sessions en ligne intensives. Les modules porteront sur le développement de projets, la relation aux auteurs, la structuration des dossiers, l’ingénierie financière, la négociation des contrats, la coproduction et les stratégies de distribution.
Des contenus au cœur du métier
Le parcours inclut également quatre conférences sur le cinéma africain, animées par des professionnels reconnus du secteur. Parmi eux figurent notamment le réalisateur Dieudo Hamadi, la cinéaste Erige Séhiri, la critique Catherine Ruelle, la juriste Jennifer Sabbah-Immagine et la distributrice Sarah Chazelle. Cette approche vise à croiser les regards artistiques, juridiques et économiques sur les réalités du secteur.
Les témoignages recueillis auprès des bénéficiaires de la première édition illustrent la portée du programme. L’un d’eux souligne que le cursus lui a permis de découvrir différents univers de production et de mieux appréhender les enjeux du cinéma africain. Un autre participant insiste sur la nécessité de relier ambition artistique et réalité économique pour produire efficacement.
Une immersion dans les circuits professionnels
Au-delà de la formation théorique, le PPP comprend trois mois de stage en immersion, avec des visites de terrain, la participation à des tournages internationaux et une présence au Festival international du film de Marrakech. Cette dimension pratique permet aux bénéficiaires de confronter leurs acquis aux exigences concrètes du métier et d’élargir leur compréhension des circuits de production et de diffusion.
Les dix sélectionnés pour le stage d’immersion 2026 ont été présentés lors d’une table ronde sur la coproduction internationale au Festival de Cannes, confirmant l’inscription du dispositif dans les grands rendez-vous du cinéma mondial.
Une communauté professionnelle en construction
Avec ce programme, l’OIF agit sur un maillon essentiel d’une industrie cinématographique encore en structuration dans de nombreux pays du Sud. Le PPP accompagne déjà 134 jeunes producteurs et productrices et contribue à faire émerger une communauté d’échange, de mentorat et, à terme, de coproduction.
Le dispositif s’appuie également sur un réseau de partenariats avec plusieurs initiatives existantes, depuis la phase de recrutement jusqu’à l’insertion internationale des bénéficiaires. Ce maillage permet aux jeunes producteurs de développer leur carrière, de consolider leur structure de production et d’accéder à de nouveaux espaces professionnels, notamment à travers des dispositifs de la Berlinale ou du Festival de Locarno.
Source : Organisation internationale de la Francophonie, « Renforcer la production cinématographique africaine par la formation et le réseautage », publié sur francophonie.org
