Investissements : le secteur privé sénégalais mobilisé autour des agropoles et plateformes industrielles

Mise à jour le 13 mars 2026

Le gouvernement sénégalais poursuit sa stratégie d’industrialisation en mobilisant activement les investisseurs nationaux autour des agropoles et des plateformes industrielles intégrées. Cette dynamique était au cœur d’une journée de mobilisation du secteur privé organisée le 12 mars 2026 à Dakar par le ministère de l’Industrie et du Commerce. L’objectif est clair : accélérer la transformation locale des ressources et renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

Lors de cette rencontre, la directrice de cabinet du ministère, Yacine Gningue Diakhaté, a présenté les grandes orientations de la politique industrielle et commerciale du Sénégal. Celle-ci s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050 et s’appuie sur plusieurs leviers pour lever les obstacles identifiés à l’industrialisation, notamment le coût de l’énergie, les mesures de défense commerciale ainsi que l’amélioration du cadre fiscal et douanier.

Au cœur de cette stratégie figure également la création du Conseil National de l’Industrie (CNI), un mécanisme de coordination chargé de piloter les contrats-programmes par filière et d’assurer le suivi de la stratégie d’industrialisation. Selon les autorités, onze réformes structurantes devraient accompagner ce processus afin de créer un environnement plus favorable aux investissements industriels.

Les agropoles, présentés comme de véritables pôles de transformation agroalimentaire, occupent une place centrale dans ce dispositif. D’après la coordonnatrice du Programme national de développement des agropoles (PNDAS), Aïssatou Ndiaye, le Sénégal ambitionne de mettre en place 30 parcs agroalimentaires industriels d’ici 2030. Ces espaces intègrent non seulement des unités de transformation, mais également des services de mécanisation, de maintenance, de stockage et de formation professionnelle.

À ce jour, trois agropoles sont déjà opérationnels : Adéane (Ziguinchor), Kolda et Mbellacadio (Fatick). Ces infrastructures offrent aux entreprises un environnement industriel complet comprenant hangars, infrastructures logistiques et centres d’excellence dédiés à la formation. Les autorités espèrent ainsi stimuler l’entrepreneuriat, renforcer la transformation des produits agricoles et créer des milliers d’emplois.

Parallèlement, l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI) développe plusieurs plateformes industrielles destinées à accueillir différents secteurs stratégiques. Son directeur général, Mamadou Lamine Ndiaye, a notamment présenté le projet de plateforme industrielle de Touba, estimé à 92,4 millions d’euros, avec un potentiel de 40 000 emplois directs et indirects.

Présidant la cérémonie, le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un appel au secteur privé pour investir davantage dans ces infrastructures stratégiques. Il a souligné que l’industrialisation du pays passe par le développement de filières fortes, soutenues par une production agricole modernisée et orientée vers la transformation locale.

Pour les acteurs économiques, ces projets constituent une opportunité majeure pour renforcer la valeur ajoutée locale, améliorer la compétitivité industrielle et stimuler la création d’emplois. La mobilisation du secteur privé autour des agropoles et des plateformes industrielles apparaît ainsi comme un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle de l’économie sénégalaise.

Source :
https://bie.cciad.sn/2026/03/13/opportunites-dinvestissements-le-secteur-prive-a-lassaut-des-agropoles-et-des-plateformes-industrielles/


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