Hydrogène vert : la Banque africaine de développement mobilise 20 millions de dollars pour quatre projets africains

Mise à jour le 25 septembre 2026

La Banque africaine de développement (BAD) prévoit d’accorder 20 millions de dollars de dons remboursables pour soutenir quatre projets d’hydrogène vert et de ses dérivés en Égypte, au Maroc, en Namibie et en Afrique du Sud. Cette initiative vise à faire progresser des projets à fort potentiel vers leur phase d’investissement et à favoriser la mobilisation de capitaux privés dans une filière énergétique émergente.

Quatre projets sélectionnés dans quatre pays africains

Les financements seront accordés dans le cadre du Programme africain pour l’hydrogène vert (Africa Green Hydrogen Programme), à la suite d’un appel à propositions lancé par la Banque africaine de développement entre le 10 avril et le 11 mai 2026.

Sur les 81 propositions reçues, concernant des projets implantés dans 18 pays africains, quatre projets ont été retenus, sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration de la Banque.

Les financements envisagés sont répartis comme suit :

  • Égypte – Project Ra : 3,55 millions de dollars, porté par DAI Infrastruktur GmbH ;
  • Maroc – Guelmim Green Hydrogen Valley : 5,28 millions de dollars, porté par Nareva Holding ;
  • Namibie – Hyphen : 5,93 millions de dollars, porté par Hyphen Hydrogen Energy ;
  • Afrique du Sud – Saldanha Hydrogen DRI : 5,24 millions de dollars, porté par Enertrag en collaboration avec ArcelorMittal South Africa.

Ces projets couvrent notamment la production de carburants durables pour le transport maritime et aérien ainsi que la production de fer à faible intensité carbone.

Un potentiel d’investissement de 23 milliards de dollars

Au-delà des 20 millions de dollars de financement préparatoire, les quatre projets représentent un potentiel d’investissement estimé à 23 milliards de dollars.

Ils pourraient également contribuer au développement d’importantes capacités énergétiques renouvelables, avec un potentiel annoncé de 20 GW d’énergie solaire et éolienne, de 7 GW de capacités d’électrolyse et de 2 950 MWh de stockage par batteries.

L’objectif du programme est précisément de contribuer à rendre ces projets suffisamment structurés et bancables pour attirer des investissements supplémentaires, notamment privés et internationaux.

Hydrogène vert : un levier pour l’industrialisation africaine

Pour la Banque africaine de développement, l’enjeu dépasse la seule production d’une nouvelle source d’énergie. Le développement de l’hydrogène vert peut contribuer à renforcer les capacités industrielles locales et à créer de nouvelles chaînes de valeur.

Les projets soutenus pourraient notamment favoriser la production industrielle décarbonée, les exportations, le transfert de technologies et de compétences ainsi que la création d’emplois.

Le programme prévoit également des retombées potentielles dans des secteurs connexes, notamment grâce à l’utilisation des énergies renouvelables pour la production d’électricité et d’eau dessalée.

Mobiliser davantage le secteur privé

Le financement intervient dans une logique de capital catalytique : les ressources de la Banque doivent permettre de faire progresser des projets complexes vers leur maturité financière et ainsi réduire certains obstacles à l’investissement.

Cette approche rejoint les objectifs du Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), qui utilise notamment l’assistance technique et des instruments de financement concessionnels pour améliorer la bancabilité des projets et faciliter la participation du secteur privé.

Pour les économies africaines, la structuration de ces projets constitue ainsi un enjeu à la fois énergétique, industriel et financier. Elle ouvre également des perspectives pour les entreprises intervenant dans les énergies renouvelables, les infrastructures, l’ingénierie, les équipements industriels, la logistique et les services associés.

Une filière appelée à structurer de nouvelles chaînes de valeur

À travers ces quatre projets, l’hydrogène vert apparaît comme un vecteur potentiel de diversification des économies africaines et de développement de nouvelles activités industrielles.

L’initiative de la Banque africaine de développement vise ainsi à rapprocher des projets à fort potentiel de leur phase d’investissement, tout en renforçant les conditions nécessaires à l’intervention de capitaux privés. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de transition énergétique et d’industrialisation bas carbone du continent.

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