Sénégal : la CNES appelle à réviser l’évaluation du Pacte national de stabilité sociale

Mise à jour le 19 octobre 2026

La Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) plaide pour une révision de la méthodologie d’évaluation du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID), tout en réaffirmant son attachement à cet instrument de dialogue social. Lors de la rencontre de suivi du 15 octobre 2026, présidée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, l’organisation patronale a appelé à une meilleure application des engagements, à un renforcement de la concertation tripartite et à des mesures concrètes en faveur des entreprises sénégalaises.

Signé le 1er mai 2025, le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable vise à consolider le dialogue entre l’État, les employeurs et les travailleurs. Après 17 mois de mise en œuvre, la CNES estime toutefois que les résultats obtenus restent en deçà des attentes du secteur privé national.

Lors de la rencontre de suivi organisée à Dakar le 15 octobre 2026, son président, Abdel Kader Ndiaye, a défendu la nécessité de préserver le Pacte tout en révisant les modalités d’évaluation de son application.

La CNES préconise une méthode reposant sur le principe du contradictoire, permettant aux différentes parties de confronter leurs appréciations, ainsi que sur le respect de l’approche tripartite associant les pouvoirs publics, les employeurs et les organisations de travailleurs.

L’objectif est de renforcer la transparence du suivi, de mieux apprécier les engagements réalisés et de rétablir les conditions d’une concertation équilibrée entre les partenaires sociaux.

Réformes sociales : préserver la concertation entre les partenaires

La CNES considère que la dynamique tripartite a été fragilisée par des modifications gouvernementales portant sur certains arbitrages relatifs aux réformes du Code du travail et du Code de la sécurité sociale.

L’organisation patronale cite notamment la durée du congé de maternité et le plafonnement des dommages-intérêts en cas de licenciement abusif.

Ces désaccords soulignent l’importance de maintenir un cadre de concertation dans lequel les décisions ayant des conséquences sur les entreprises et les travailleurs puissent faire l’objet d’échanges entre les parties prenantes.

Malgré ses réserves, la CNES a salué l’engagement du Premier ministre en faveur du dialogue et de la préservation du Pacte. Elle considère le maintien de cet instrument comme un élément essentiel à la stabilité sociale et à la confiance entre les acteurs économiques et institutionnels.

Le secteur privé appelle à des mesures économiques concrètes

Au-delà des questions de méthode, la CNES a rappelé plusieurs priorités économiques qu’elle juge déterminantes pour améliorer les conditions d’activité des entreprises sénégalaises.

Parmi les mesures mises en avant figurent :

  • L’apurement des créances publiques dues aux entreprises, notamment dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP), de l’énergie et des services.
  • La relance concertée de l’économie nationale, avec une participation renforcée du secteur privé à la définition et à la mise en œuvre des mesures économiques.
  • La mise en place effective d’un dispositif d’appui aux entreprises en difficulté, lorsque leurs difficultés sont imputables à l’État ou à ses démembrements.
  • Le renforcement de la lutte contre la concurrence déloyale, dans les secteurs industriel et commercial ainsi qu’au Port de Dakar, afin de préserver la compétitivité des entreprises nationales.

Ces revendications mettent en évidence les préoccupations des employeurs concernant la trésorerie des entreprises, la visibilité économique et les conditions d’une concurrence équitable. Pour la CNES, leur prise en compte est indispensable à une mise en œuvre plus effective du Pacte et à la relance de l’activité économique.

Dialogue social et stabilité économique : un enjeu commun

La rencontre de suivi s’est tenue dans un contexte de tensions sociales, marqué par l’annonce d’une grève générale des travailleurs pour le 21 octobre 2026.

Face à cette échéance, la CNES a appelé les différentes parties à privilégier le dialogue et à préserver la paix sociale. L’organisation estime que la stabilité durable repose notamment sur une meilleure prise en compte des préoccupations des entreprises, une méthode d’évaluation transparente et le respect des engagements convenus entre les partenaires sociaux.

La poursuite des concertations sous l’égide du Premier ministre apparaît ainsi comme un levier pour réajuster la mise en œuvre du PNSS-CID et consolider la confiance entre l’État, les employeurs et les travailleurs.

Un cadre de dialogue au service du développement des entreprises

Les demandes formulées par la CNES replacent le dialogue social au cœur des enjeux de développement économique du Sénégal. La stabilité des relations professionnelles, la prévisibilité des réformes et la prise en compte des contraintes des entreprises constituent des facteurs importants pour favoriser l’investissement et soutenir l’activité productive.

La révision de la méthodologie d’évaluation proposée par l’organisation patronale vise donc à renforcer le suivi du Pacte et à rapprocher les engagements pris des résultats attendus par les acteurs économiques et sociaux.

L’enjeu est désormais de maintenir un cadre de concertation crédible, capable de favoriser des avancées concrètes pour les entreprises et les travailleurs, tout en contribuant à la stabilité sociale et à une croissance plus inclusive et durable.

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