Guinée : la Banque africaine de développement mobilise 2,2 millions de dollars pour faciliter l’accès aux engrais de 45 000 agriculteurs

Mise à jour le 21 octobre 2026

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 2,2 millions de dollars en faveur d’EKAP Agro Industrie Guinée afin d’améliorer l’accès des petits exploitants agricoles aux engrais. Mis en œuvre sur trois ans, le projet FOSTER doit renforcer la chaîne d’approvisionnement, faciliter le financement des intrants agricoles et contribuer à accroître la productivité des exploitations, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes.

Approuvé le 8 octobre 2026 par le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement, ce financement s’inscrit dans le cadre du Mécanisme africain de financement du développement des engrais (MAFDE).

L’enveloppe de 2,2 millions de dollars comprend une garantie partielle de crédit de 1,5 million de dollars et un don de 700 000 dollars destiné à l’assistance technique.

À travers le projet FOSTER (Favoriser la productivité agricole en Guinée par le financement de la chaîne de valeur des engrais), l’objectif est de permettre aux petits exploitants d’accéder plus facilement aux engrais, tout en améliorant leur disponibilité au niveau des réseaux de distribution.

La garantie permettra à EKAP Agro Industrie Guinée de fournir à crédit des engrais d’une valeur de 16,2 millions de dollars, soit un effet de levier attendu de 10,8 fois le montant garanti. Le projet prévoit ainsi la distribution de 16 200 tonnes d’engrais à 45 000 petits exploitants agricoles, dont 18 000 femmes et 4 500 jeunes.

Renforcer la chaîne de valeur agricole et les circuits de distribution

En Guinée, l’accès limité au financement, le coût élevé des intrants et les insuffisances des circuits d’approvisionnement constituent des obstacles à l’amélioration de la productivité agricole. Selon la Banque africaine de développement, l’utilisation d’engrais dans le pays était estimée à 5,6 kilogrammes par hectare en 2022.

Le projet FOSTER entend répondre à ces difficultés en renforçant les réseaux de distribution et les capacités des opérateurs intervenant dans la commercialisation des engrais.

Les distributeurs bénéficieront notamment de formations en gestion des stocks, gestion du crédit, service à la clientèle, commercialisation et planification d’entreprise. Ces mesures doivent contribuer à améliorer la disponibilité des intrants et à rapprocher les fournisseurs des exploitations agricoles.

Le projet ciblera plusieurs filières importantes pour la production alimentaire nationale, notamment le riz, le maïs, le fonio et l’horticulture.

Promouvoir des pratiques agricoles durables et adaptées aux territoires

L’amélioration de l’accès aux engrais sera accompagnée d’actions de conseil agricole et de gestion durable des sols. Le dispositif prévoit notamment des analyses des carences en nutriments, des recommandations adaptées aux cultures et aux conditions locales, ainsi que des formations aux bonnes pratiques agricoles.

Une attention particulière sera accordée à l’agriculture intelligente face au climat et à la gestion intégrée de la fertilité des sols, afin d’encourager une utilisation raisonnée des intrants et de préserver le potentiel productif des terres agricoles.

Le projet prévoit de former 18 000 petits exploitants aux bonnes pratiques agricoles, dont 7 200 femmes et 1 800 jeunes. Il accompagnera également 5 000 agriculteurs dans l’adoption de pratiques agricoles améliorées et de méthodes de gestion intégrée de la fertilité des sols.

Cette articulation entre financement, accès aux intrants et accompagnement technique vise à renforcer la capacité des exploitations à améliorer durablement leurs rendements.

Renforcer la participation des femmes et des jeunes à l’économie agricole

L’inclusion économique constitue un axe important du projet. Les femmes représenteront au moins 40 % des bénéficiaires, tandis que des actions de formation et de mentorat seront proposées aux agricultrices et aux femmes actives dans la distribution des intrants.

Ces mesures doivent favoriser leur accès au financement, aux engrais, aux compétences techniques et aux débouchés commerciaux.

Pour les jeunes, le renforcement de la productivité agricole et des circuits de distribution peut également contribuer à consolider les activités économiques rurales et à élargir les perspectives professionnelles au sein des chaînes de valeur agricoles.

Un projet inscrit dans les priorités de développement de la Guinée

Le projet FOSTER s’inscrit dans les priorités du programme national Simandou 2040, qui vise notamment à soutenir la transformation économique du pays.

En renforçant le financement de la chaîne de valeur des engrais et les capacités des acteurs agricoles, l’initiative entend contribuer à la modernisation du secteur, à la sécurité alimentaire et à l’inclusion financière.

Le projet prévoit également des échanges entre les pouvoirs publics, les entreprises, les acteurs de la chaîne de valeur, les partenaires au développement et la société civile. Ces concertations doivent contribuer à améliorer la coordination du secteur et à favoriser un accès plus large et durable aux intrants agricoles.

À travers ce financement, la Banque africaine de développement réaffirme le rôle du secteur privé et des mécanismes de partage des risques dans le développement des filières agricoles africaines. Pour la Guinée, l’enjeu est de renforcer les capacités productives des exploitations, d’améliorer les conditions d’accès aux marchés et de soutenir une agriculture plus performante et résiliente.

Source : Banque africaine de développement (BAD), communiqué du 19 octobre 2026.

A lire aussi

Djibouti : la Banque africaine de développement accorde une garantie de 8 millions de dollars pour soutenir les entreprises

Guinée : la Banque africaine de développement mobilisée pour financer les projets structurants de Simandou 2040

Financement du développement : les nouvelles données GEMs renforcent les perspectives d’investissement dans les économies émergentes

19 octobre 2026 Actualité Monde

Sénégal : la CNES appelle à réviser l’évaluation du Pacte national de stabilité sociale