Bénin : le programme ProFAR mise sur la formation agricole pour favoriser l’emploi des jeunes dans le Nord

Mise à jour le 13 octobre 2026

Au Bénin, le Programme d’appui à la Formation Agricole et Rural (ProFAR), financé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 20 millions d’euros, accompagne la modernisation de la formation professionnelle agricole dans le nord du pays. Lancé en décembre 2021 pour une durée de cinq ans, ce programme vise à rapprocher les compétences des jeunes des besoins des filières agricoles et à renforcer les perspectives d’insertion professionnelle dans les territoires ruraux.

Le secteur agricole occupe une place centrale dans l’économie du nord du Bénin, notamment grâce aux productions de riz, de maïs et de coton. Pourtant, le manque de main-d’œuvre qualifiée et l’insuffisance des dispositifs de conseil agricole limitent le développement de son potentiel.

Selon l’AFD, près de 200 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail béninois sans disposer nécessairement des compétences adaptées aux possibilités offertes par les territoires agricoles.

Face à ce décalage entre les formations disponibles et les besoins des exploitations, le programme ProFAR soutient l’évolution du dispositif de formation agricole et rurale. L’ambition est de mieux préparer les jeunes aux métiers du secteur, qu’ils choisissent de rejoindre une exploitation, d’y développer leurs compétences ou de créer leur propre activité.

Moderniser les établissements de formation dans le nord du Bénin

Le programme prévoit des investissements dans les infrastructures et les équipements pédagogiques afin d’améliorer les conditions d’apprentissage.

Deux établissements sont particulièrement concernés : le lycée technique agricole de Malanville, dont la construction et l’équipement sont pris en charge, et celui de Banikoara, qui fait l’objet d’une réhabilitation complète.

Au-delà des infrastructures, ProFAR prévoit de structurer des parcours d’orientation, de formation et d’accompagnement vers l’emploi. L’offre doit notamment intégrer des certifications professionnelles, telles que les certificats de qualification professionnelle (CQP) et les certificats de qualification aux métiers (CQM).

Cette approche vise à renforcer la reconnaissance des compétences acquises et à faciliter leur mobilisation dans les activités agricoles et rurales.

Rapprocher les établissements, les entreprises et les acteurs territoriaux

L’un des enjeux du programme réside dans l’adéquation entre les formations dispensées et les réalités économiques locales. Pour y répondre, ProFAR prévoit la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les acteurs publics et privés.

Ce dialogue doit contribuer à mieux identifier les besoins en compétences, à adapter les parcours de formation et à renforcer les liens entre les centres d’apprentissage et les exploitants agricoles.

Cette dimension partenariale est essentielle : la formation professionnelle ne peut pleinement contribuer à l’emploi que si elle s’appuie sur les besoins concrets des filières et sur les perspectives d’activité des territoires.

Soutenir l’emploi rural et l’entrepreneuriat agricole

En facilitant l’accès des jeunes à des qualifications adaptées, ProFAR entend élargir les possibilités d’accès à un emploi décent et à l’auto-emploi dans les filières agricoles du nord du Bénin.

Le programme s’inscrit également dans une logique de développement territorial. En renforçant les établissements de formation et les mécanismes de coopération entre acteurs locaux, il cherche à réduire les disparités d’accès aux qualifications et à soutenir les dynamiques économiques dans des zones vulnérables.

Doté d’un financement de 20 millions d’euros sous forme de prêt et de subvention de l’AFD, le projet doit arriver à échéance le 22 décembre 2026, selon la fiche publiée par l’Agence.

La coopération entre formation et secteur privé, un levier de développement

ProFAR illustre l’importance d’une approche intégrée de la formation professionnelle, associant modernisation des équipements, adaptation des programmes et dialogue avec les acteurs économiques. Pour les chambres consulaires et les organisations intermédiaires, cette articulation entre compétences, besoins des entreprises et développement territorial constitue un enjeu majeur, notamment dans les secteurs agricoles et agroalimentaires.

En rapprochant les établissements de formation du tissu économique local, ce type de démarche peut contribuer à renforcer l’employabilité des jeunes et à soutenir l’émergence d’activités entrepreneuriales dans les territoires ruraux.

Source : Agence française de développement (AFD), Programme d’appui à la Formation Agricole et Rural au Bénin (ProFAR).

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