Le Groupe de la Banque mondiale a mobilisé 22 milliards de dollars de capitaux privés en Afrique au cours de l’exercice 2026, contre environ 9 milliards de dollars en 2022. Cette progression de près de 150 % en quatre ans illustre l’importance croissante accordée aux financements privés pour soutenir les infrastructures et le développement économique du continent, dans un contexte de recul de l’aide publique au développement.
Selon les données communiquées en septembre 2026, les capitaux privés mobilisés par le Groupe de la Banque mondiale en Afrique sont passés d’environ 9 milliards de dollars en 2022 à 22 milliards de dollars en 2026, soit une progression de près de 150 % en quatre ans.
À l’échelle mondiale, le Groupe de la Banque mondiale indique avoir mobilisé 112 milliards de dollars de capitaux privés au cours de l’exercice 2026, contre 35 milliards en 2022. En incluant ses propres financements, le volume total des financements et capitaux mobilisés en faveur des économies en développement a dépassé 200 milliards de dollars.
Cette évolution intervient alors que l’aide publique au développement destinée au continent africain a diminué en 2025, renforçant l’enjeu de la diversification des sources de financement du développement.
Des mécanismes pour réduire les risques des investisseurs
Pour accroître la participation du secteur privé, la Banque mondiale s’appuie notamment sur des garanties financières destinées à réduire les risques associés aux investissements.
Ces mécanismes peuvent permettre de rendre certains projets d’infrastructures ou de développement plus attractifs pour les investisseurs privés en apportant une couverture sur une partie des risques financiers.
La Côte d’Ivoire constitue un exemple cité dans cette stratégie : la Banque mondiale a garanti près de 30 millions de dollars sur une opération de plus de 100 millions de dollars destinée à financer environ 600 000 nouveaux branchements électriques.
Le risque de change au cœur des dispositifs de financement
La mobilisation de capitaux privés se heurte également aux risques associés aux monnaies locales et aux fluctuations des taux de change.
Pour répondre à cet enjeu, la Banque mondiale développe des solutions permettant aux investisseurs de mieux se protéger contre le risque de change et propose davantage de financements en monnaie locale. Ces instruments peuvent également faciliter la participation d’investisseurs implantés directement sur les marchés africains.
La capacité à réduire ces risques constitue un enjeu important pour les projets nécessitant des investissements à long terme, notamment dans les infrastructures et les services essentiels.
Un accès au financement encore inégal selon les économies
La progression des capitaux privés mobilisés à l’échelle du continent ne signifie toutefois pas que tous les pays bénéficient de la même dynamique.
Les pays à faible revenu restent confrontés à des difficultés particulières pour attirer les investisseurs privés. Selon les éléments rapportés par RFI, les capitaux privés mobilisés par la Banque mondiale dans ces économies sont restés relativement stables, autour de 3 milliards de dollars.
Cette situation souligne l’importance des mécanismes permettant de réduire les risques et de renforcer l’attractivité des projets dans les marchés où les conditions de financement restent plus contraintes.
Un enjeu majeur pour le financement du secteur privé africain
La mobilisation accrue de capitaux privés constitue un enjeu important pour le développement économique du continent. Elle peut contribuer à élargir les capacités de financement disponibles pour les infrastructures, l’énergie et les services essentiels, tout en favorisant l’intervention d’investisseurs locaux et internationaux.
Pour les entreprises africaines et les acteurs économiques, l’évolution des mécanismes de garantie et de financement peut également contribuer à créer de nouvelles possibilités de participation à des projets structurants.
Cette dynamique renforce ainsi l’importance de la mobilisation des financements privés, du développement des marchés financiers et de l’amélioration de l’environnement de l’investissement dans les stratégies de développement du continent.
