Afrique de l’Ouest et du Centre : un appel à renforcer l’action en faveur de la nutrition et de la petite enfance

Mise à jour le 18 mai 2026

Réunis à Lomé, des ministres et hauts représentants d’Afrique de l’Ouest et du Centre, aux côtés de partenaires techniques et de la société civile, ont lancé un appel à une mobilisation accrue en faveur de la nutrition et du développement de la petite enfance. La Conférence, organisée par le Groupe de la Banque mondiale avec l’appui du gouvernement togolais, a mis en évidence l’urgence d’investir davantage dans les premières années de vie pour renforcer le capital humain et soutenir la croissance.

Un enjeu de développement majeur

Les participants ont rappelé que la malnutrition continue de freiner les perspectives de développement de la région. Malgré une baisse du retard de croissance chez les enfants, passé de 40% en 2000 à 33% en 2024, les progrès restent insuffisants pour atteindre les objectifs mondiaux fixés à l’horizon 2030. Selon les intervenants, ces retards compromettent non seulement l’avenir des enfants, mais aussi la productivité nationale et la compétitivité des économies.

La ministre togolaise de la Solidarité, du genre, de la famille et de la protection de l’enfance, Martine Moni Sankaredja, a souligné que le Togo a fait de la nutrition et du développement de la petite enfance une priorité d’action, en insistant sur la volonté du pays d’agir, d’investir et d’innover tout en partageant son expérience avec les autres États de la région.

Des investissements rentables et structurants

Les échanges ont mis en avant la rentabilité économique et sociale des investissements réalisés entre la grossesse et l’âge de cinq ans. Pour les participants, ces interventions permettent de rompre les cycles intergénérationnels de pauvreté, de vulnérabilité et d’inégalités. Ils ont cependant relevé des disparités persistantes selon les pays, les territoires, le genre et les contextes de fragilité, de conflit ou de déplacement.

Le directeur régional adjoint de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Gordon Jonathan Lewis, a rappelé que l’investissement dans la nutrition et la petite enfance figure parmi les plus efficaces pour renforcer le capital humain, stimuler la croissance et préserver la stabilité à long terme. Il a appelé à mettre à l’échelle les interventions qui fonctionnent et à produire des résultats mesurables pour les enfants.

Une approche multisectorielle attendue

La Conférence de Lomé a également souligné la nécessité d’un engagement politique durable et de systèmes nationaux plus solides pour délivrer des services de qualité à grande échelle. Les participants ont plaidé pour une meilleure coordination entre les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que de la protection sociale, afin d’améliorer les résultats pour les jeunes enfants.

Le représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, Tony Verheijen, a insisté sur le fait qu’investir dès la naissance dans le capital humain constitue la base d’une croissance durable et inclusive. Selon lui, des enfants bien nourris apprennent mieux, deviennent des travailleurs plus productifs et contribuent à des économies plus compétitives.

Un appel conjoint à l’action

À l’issue de la rencontre, les ministres et chefs de délégation ont adopté un appel conjoint à l’action. Ils se sont engagés à renforcer le cadre politique et institutionnel nécessaire pour faire de la nutrition et du développement de la petite enfance des priorités nationales.

Ils ont également appelé les gouvernements à accroître et à pérenniser les investissements, à mobiliser davantage de ressources nationales, à explorer des mécanismes de financement innovants et à mieux aligner les budgets sur les résultats attendus. La création d’emplois pour les femmes et les jeunes, le renforcement des capacités de la main-d’œuvre ainsi que l’amélioration de l’efficience des financements figurent également parmi les engagements pris.

Source : Communiqué de presse du Groupe de la Banque mondiale, « Les dirigeants d’Afrique de l’Ouest et du Centre et leurs partenaires appellent à une action accrue en faveur de la nutrition et du développement de la petite enfance », communiqué n° 2026/070/AFW, publié le 13 mai 2026.

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