Autonomiser les femmes pour renforcer la paix dans l’espace francophone

Mise à jour le 5 mars 2026

Dans un contexte mondial marqué par des crises économiques, climatiques et sécuritaires, l’égalité femmes‑hommes et l’autonomisation des femmes émergent comme des leviers stratégiques pour la paix, la stabilité et le développement durable. Alors que les disparités de genre persistent dans toutes les régions du monde, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) met en lumière l’importance d’investir dans l’autonomie économique des femmes comme facteur de résilience et de cohésion sociale dans l’espace francophone.

Selon le Global Gender Gap Report 2025, bien qu’elles représentent près de la moitié de la population mondiale, les femmes continuent d’être durablement marginalisées des ressources productives et des espaces décisionnels. Cette exclusion structurelle s’avère d’autant plus prononcée dans l’espace francophone, où près des deux tiers des femmes travaillent dans l’économie informelle, rendant leur accès à des revenus stables, à la protection sociale et aux opportunités économiques particulièrement fragile.

C’est dans cette perspective que le Fonds « La Francophonie avec Elles » a été créé en 2020, avec pour vocation de favoriser l’autonomisation économique, sociale et politique des femmes, en particulier celles en situation de vulnérabilité. À ce jour, ce dispositif de solidarité a soutenu plus de 350 projets dans 36 États et gouvernements membres, mobilisant plus de 20 millions d’euros et bénéficiant à près de 100 000 femmes francophones.

Au‑delà du simple accompagnement économique, le Fonds a eu des retombées directes sur la cohésion sociale et la prévention des violences : en donnant aux femmes les moyens de générer leurs propres revenus, de créer des micro‑entreprises ou des structures collectives, il contribue à réduire leur exposition à l’insécurité et à renforcer leur pouvoir de décision au sein de leurs communautés. Des initiatives concrètes, telles que celles menées en Haïti dans des zones affectées par les violences armées, montrent comment l’autonomie économique peut devenir un vecteur de paix et de stabilité.

L’article rappelle que l’autonomisation des femmes s’inscrit aussi dans un cadre plus large, celui de l’Agenda « Femmes, paix et sécurité », impulsé par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui reconnaît l’impératif d’une participation pleine et effective des femmes à toutes les phases des processus de paix.

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