L’ICC alerte sur les risques liés à l’approvisionnement en engrais et à la fragmentation des échanges mondiaux

Mise à jour le 6 mai 2026

Le secrétaire général de l’International Chamber of Commerce (ICC)John W.H. Denton AO, a mis en garde contre les risques croissants pesant sur la sécurité alimentaire mondiale et sur le système commercial multilatéral, lors du Milken Institute Global Conference à Los Angeles, ainsi qu’au cours d’un entretien accordé à Bloomberg en marge de l’événement.

Intervenant dans le panel « Tradewinds: Navigating Economic Uncertainty », John Denton a souligné que, si les droits de douane occupent une grande partie du débat public, la menace la plus sérieuse pour le commerce mondial réside selon lui dans l’incertitude structurelle et la perturbation des chaînes d’approvisionnement critiques, en particulier les flux d’engrais transitant par le détroit d’Ormuz.

« Nous nous dirigeons vers une crise alimentaire très importante », a-t-il déclaré, estimant que le débat autour d’Ormuz reste trop centré sur le pétrole et le gaz, alors que la question des engrais demeure largement sous-estimée. Selon lui, les agriculteurs d’Afrique et d’Amérique latine commencent déjà à réduire leurs semis ou à y renoncer en raison de la combinaison entre la hausse des coûts et les pénuries d’approvisionnement.

Le responsable de l’ICC a décrit une situation de double choc : un choc sur les prix et un choc sur l’approvisionnement, susceptibles de provoquer rapidement de graves conséquences sur la production agricole et, plus largement, sur l’économie réelle. Il a rappelé que les effets sur les rendements pourraient se faire sentir en quelques mois, à l’image de la crise alimentaire mondiale de 2008.

Face à cette situation, l’ICC travaille avec le groupe de travail du secrétaire général des Nations unies sur le détroit d’Ormuz, afin de contribuer à la mise en place d’un mécanisme permettant de rétablir les expéditions d’engrais via ce corridor stratégique, dans la continuité du rôle joué par l’organisation dans l’Accord sur les céréales de la mer Noire en 2022.

John Denton a également insisté sur le coût croissant de l’incertitude politique pour l’économie mondiale. S’appuyant sur une analyse conjointe de l’ICC et d’Oxford Economics, il a rappelé que cette incertitude a freiné l’activité mondiale à hauteur d’environ 250 milliards de dollars l’an dernier, avec une perte potentielle de 380 milliards de dollars à l’horizon à venir.

Enfin, le secrétaire général de l’ICC a estimé que l’échec de la MC14 à Yaoundé confirme les limites du multilatéralisme fondé sur le consensus, au moment où les accords plurilatéraux prennent de plus en plus le relais. Il a souligné que les grands défis actuels nécessiteront un engagement renforcé du secteur privé, dont les capacités d’investissement seront essentielles pour résoudre les crises à venir.

Source : Communiqué de l’International Chamber of Commerce (ICC)« ICC warns on fertiliser supply and trade fragmentation at Milken Global Conference », publié le 6 mai 2026 sur le site de l’ICC.

A lire aussi

Guide pratique sur la budgétisation verte : un outil stratégique pour des finances publiques durables

Bénin : le projet EnDev lance une campagne de promotion de la cuisson propre dans les marchés urbains

Mali–Guinée : un projet transfrontalier clôturé avec des résultats jugés probants

Lomé accueille une conférence régionale sur la nutrition et la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du centre

Formation de coachs relais biodiversité : l’UCCIA renforce les capacités du secteur privé comorien

Maurice accélère sa transition énergétique : un partenariat stratégique avec EDF pour moderniser le système électrique

Avec le réseau des chambres consulaires africaines francophones, faites entendre la voix de votre entreprise

WACA+ : le Groupe de la Banque mondiale lance une dynamique régionale pour l’économie bleue en Afrique de l’Ouest