Le 11 février 2026, le cyclone Gezani frappait violemment la côte est de Madagascar, dévastant l’Université de Barikadimy à Toamasina. Avec plus de 80% des infrastructures détruites, le campus s’est retrouvé privé d’électricité et de connexion internet, interrompant brutalement le cursus de milliers d’étudiants.
Face à cette crise, l’urgence a imposé une réponse rapide et innovante. En seulement quatre semaines, le projet DECIM (Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar), soutenu par la Banque mondiale et le ministère du Développement numérique, a déployé quatre pôles numériques solaires sur le campus. Conçus pour résister aux aléas climatiques, ces espaces autonomes fournissent désormais une connectivité à haut débit et une source d’énergie fiable, même en cas de panne du réseau principal.
« Un ordinateur est indispensable pour mes études, mais je n’en ai pas. Maintenant, je peux venir ici tous les jours et travailler dans de bonnes conditions », explique Tody, étudiant en informatique. Ces installations permettent aujourd’hui à près de 5 000 étudiants de se reconnecter simultanément grâce à un Wi-Fi communautaire haut débit. En complément, plus de 3 300 smartphones équipés de kits solaires ont été distribués aux étudiants et au personnel enseignant pour assurer la continuité pédagogique à distance.
Pour les autorités, cette solution d’urgence marque une transformation durable. L’Université évolue vers un modèle hybride, mieux préparé aux chocs futurs. Cette dynamique attire désormais le secteur privé, avec l’installation prochaine d’un centre numérique comprenant un FabLab et des espaces d’incubation d’entreprises à Toamasina.
Pour la Banque mondiale, l’expérience de Barikadimy prouve que l’alliance de l’énergie propre et du numérique est un levier majeur de résilience. « Ce que nous construisons ici représente une vision pour l’avenir, qui peut être reproduite partout où une crise menace l’apprentissage », conclut Baidy Touré Sy, chef d’équipe du projet. Le cyclone Gezani, bien qu’ayant été un choc dévastateur, est devenu le catalyseur d’une modernisation durable des services éducatifs sur la côte est.
Source : Communiqué de la Banque mondiale, « Après le cyclone Gezani : rétablir l’énergie et la connectivité pour permettre à l’université publique de continuer », publié en mai 2026.
