Face à l’urbanisation rapide et à l’essor démographique, les villes africaines réinventent leur mobilité urbaine en réintroduisant des systèmes de transport collectif structurés, efficaces et plus respectueux de l’environnement.
Dans un contexte d’urbanisation accélérée et de croissance démographique soutenue, les agglomérations africaines connaissent une transformation significative de leurs systèmes de mobilité urbaine, marquée par un retour progressif des transports collectifs structurés. Ce renouveau, analysé dans un chapitre du rapport L’Économie africaine 2026 publié par l’Agence française de développement (AFD) et les Éditions La Découverte, met en lumière les dynamiques innovantes à l’œuvre sur le continent en matière de mobilité.
Historiquement dominés par des modes informels tels que les minibus ou les taxis-motos, les transports urbains africains se tournent désormais vers des solutions plus organisées et à forte capacité, notamment les Bus à haut niveau de service (Bus Rapid Transit – BRT). Ces réseaux de bus, dotés de voies réservées et de stations dédiées, ont connu une progression notable : de l’existence d’un seul système en 2008, on compte aujourd’hui plusieurs lignes réparties dans différentes métropoles africaines.
Les BRT ne constituent pas seulement une réponse à l’engorgement des axes urbains ; ils sont aussi un levier pour organiser l’ensemble des déplacements en ville. Dans plusieurs cas, leur déploiement s’accompagne d’une réorganisation des réseaux traditionnels, intégrant minibus et taxis collectifs comme services de proximité et de rabattement vers les lignes principales de transport. Cette complémentarité est essentielle pour desservir les quartiers périphériques, souvent peu connectés et abritant des populations à faibles revenus.
En outre, l’adoption de bus électriques dans certaines villes africaines illustre une capacité d’innovation en phase avec les enjeux climatiques et environnementaux, en réduisant les émissions polluantes tout en améliorant la qualité de vie en milieu urbain.
Malgré ces avancées, les auteurs soulignent que la couverture des nouveaux réseaux reste encore limitée, principalement concentrée sur les axes structurants des villes. Dans de nombreux quartiers, les modes informels demeurent indispensables à la mobilité quotidienne. Le défi, selon eux, consiste à concevoir des villes autour de systèmes de transport intégrés, capables de relier de manière fluide différents modes — BRT, métros éventuels et services de proximité — pour assurer que ces solutions profitent effectivement au plus grand nombre.
Cette évolution des transports urbains témoigne d’une volonté croissante de repenser la mobilité africaine en s’appuyant sur des modèles durables, inclusifs et adaptés aux défis socio-économiques du continent. Elle s’inscrit également dans les objectifs de développement durable, en favorisant des villes plus accessibles, résilientes et moins dépendantes des émissions polluantes.
- Source : Agence française de développement (AFD), “Le renouveau des transports collectifs urbains en Afrique”, publié le 26 janvier 2026. (Crédit photo Michael Goima – AFD)
