Grand Magal de Touba : 630 milliards FCFA de retombées et un fort potentiel d’emplois

Mise à jour le 31 juillet 2026

Une étude conjointe de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba (UCAK) et de l’Université Alioune Diop de Bambey (UAD) évalue à 629,62 milliards FCFA les retombées économiques du Grand Magal de Touba 2025. Présentés le 29 juillet 2026, ces résultats confirment le poids croissant de l’événement dans l’économie sénégalaise et ouvrent la voie à des scénarios de transformation structurelle autour de la ville sainte.

Un impact économique en forte progression

Coordonnée par Dr Souleymane Astou Diagne, l’étude montre que l’impact économique du Magal a été multiplié par environ 2,5 en huit ans, passant de 250 milliards FCFA en 2017 à près de 630 milliards FCFA en 2025. Cette progression s’explique par une affluence record, avec 5,1 millions de pèlerins présents à Touba lors de l’édition 2025.

Les retombées se décomposent en 375,31 milliards FCFA d’effets directs, 102,90 milliards FCFA d’effets indirects et 151,41 milliards FCFA d’effets induits. Les dépenses alimentaires des ménages constituent le principal poste, avec 225,52 milliards FCFA, tandis que la filière de l’élevage a généré près de 33 milliards FCFA.

Des secteurs largement dynamisés

Le Magal stimule de nombreux secteurs : commerce, transport, élevage, agriculture, agroalimentaire, services financiers, numérique et services publics. Près de 90,79% des commerçants interrogés déclarent une progression de leur chiffre d’affaires pendant la période du pèlerinage. L’événement mobilise également les services publics, avec environ 15 074 agents de l’État déployés pour accompagner l’organisation, et se traduit par une hausse significative des tarifs du transport.

Un potentiel de 100 000 emplois identifié

Au-delà du constat, l’étude propose des pistes pour transformer ce pic de consommation en dynamique durable d’investissement et de production. Les chercheurs estiment que des investissements ciblés dans l’industrie, le cuir, l’agroalimentaire, le numérique et la formation pourraient générer environ 100 000 emplois sur les trois prochaines années.

La filière cuir est identifiée comme un axe fort : la valorisation des peaux issues des plus de 100 000 ruminants sacrifiés pendant le Magal pourrait soutenir l’émergence d’activités de transformation (tannerie, maroquinerie). L’agrobusiness est également mis en avant : renforcer la production locale de fruits et légumes pour réduire les importations destinées à Touba pourrait créer entre 8 000 et 8 500 emplois d’ici trois ans.

Des contraintes à lever

L’étude relève plusieurs freins à la transformation du potentiel du Magal en activités productives durables : poids du secteur informel, insuffisance des dispositifs comptables, et pression sur les infrastructures et services essentiels (eau, électricité, santé, assainissement). Ces contraintes limitent la capacité à capter durablement la valeur créée sur place.

Vers un pôle industriel et économique

Les auteurs appellent à une collaboration renforcée entre pouvoirs publics, mairie de Touba, secteur privé, autorités religieuses et communautés pour faire de Touba un pôle industriel et économique d’envergure nationale et sous-régionale, en complément de sa vocation religieuse. L’enjeu est de passer d’une économie de consommation saisonnière à une trajectoire d’investissement, de production locale et de création d’emplois pérennes.

Source : Onass Mendy, Grand Magal de Touba : Près de 630 milliards FCFA de retombées économiques et un potentiel de 100.000 emplois, 30 juillet 2026.

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