Chaque 31 juillet, l’Afrique et sa diaspora célèbrent la Journée internationale de la femme africaine (JIFA), un rendez-vous consacré à la reconnaissance de la contribution des femmes au développement politique, économique, social et culturel du continent. Placée sous le thème « Femmes africaines en action : Leadership, Innovation et Impact », l’édition 2026 met en lumière le rôle déterminant des femmes dans la transformation des économies africaines et le renforcement de sociétés plus inclusives.
Célébrée chaque année le 31 juillet, la Journée internationale de la femme africaine (JIFA) trouve son origine dans les grandes étapes de l’organisation du mouvement des femmes à l’échelle continentale.
Le 31 juillet 1962, des représentantes de nombreux pays africains se réunissent à Dar es Salam (Tanzanie) et créent la Conférence des Femmes Africaines (CFA), première organisation panafricaine dédiée à la promotion des droits et de la participation des femmes.
Cette dynamique conduit, le 31 juillet 1963, à la création de l’Organisation panafricaine des femmes (OPF/PAWO) à Addis-Abeba. Puis, lors de son premier congrès organisé à Dakar en 1974, l’organisation consacre officiellement le 31 juillet comme Journée internationale de la femme africaine.
Cette initiative est largement associée à Aoua Keïta, figure emblématique des luttes pour l’émancipation des femmes africaines.
Mettre en lumière une contribution essentielle au développement
Au-delà de sa dimension commémorative, la JIFA constitue un moment de réflexion sur les avancées et les défis liés à l’égalité entre les femmes et les hommes sur le continent africain.
Cette journée poursuit plusieurs objectifs :
- rendre hommage aux femmes africaines pour leur contribution aux indépendances, à la gouvernance et au développement des sociétés ;
- promouvoir la justice sociale et économique ainsi qu’un meilleur accès des femmes à l’éducation, à la santé, au financement et aux responsabilités ;
- sensibiliser les décideurs et les citoyens aux enjeux de l’égalité des chances et de l’autonomisation économique ;
- encourager la mise en Å“uvre de politiques publiques favorisant une participation accrue des femmes dans tous les secteurs d’activité.
Ces enjeux rejoignent pleinement les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui fait de l’égalité de genre un levier essentiel du développement durable du continent.
JIFA 2026 : « Femmes africaines en action : Leadership, Innovation et Impact »
Pour son édition 2026, la JIFA est placée sous le thème :
« Femmes africaines en action : Leadership, Innovation et Impact »
Cette orientation met en avant les femmes comme actrices majeures des transformations économiques, sociales et technologiques en Afrique. Leur capacité à innover, entreprendre, transmettre leurs compétences et exercer des responsabilités constitue aujourd’hui un facteur déterminant de compétitivité et de résilience pour les territoires.
À travers ce thème, les institutions africaines souhaitent également valoriser les initiatives portées par les femmes dans les domaines de l’entrepreneuriat, de la culture, de l’éducation, de la recherche, du numérique ou encore de l’économie verte.
Des célébrations organisées dans plusieurs pays
Comme chaque année, de nombreuses initiatives sont organisées le 31 juillet dans les États membres de l’Union africaine ainsi qu’au sein de la diaspora.
En République démocratique du Congo
À Kinshasa, le Centre culturel Mwasi Uzur’art, en collaboration avec GQ Events, organise la soirée culturelle « Femme africaine na Bala-Bala ».
Cette manifestation met à l’honneur les femmes engagées dans la valorisation du patrimoine culturel africain au travers de défilés de mode inspirés des traditions du continent, de prestations artistiques et d’une cérémonie de distinctions récompensant des personnalités contribuant au rayonnement de la culture africaine.
En amont de cette célébration, une réunion d’experts, organisée le 19 juillet 2026, réunit douze spécialistes issus de huit pays africains afin d’échanger sur le rôle du pouvoir culturel des femmes dans le développement du continent.
En Haïti
La diaspora africaine participe également à cette célébration avec un événement organisé à Port-au-Prince, autour du thème :
« Transmettre pour exister »
Cette rencontre met l’accent sur la transmission des savoirs, de la mémoire et des héritages culturels entre les générations de femmes africaines et afrodescendantes.
Dans les États membres de l’Union africaine
De nombreuses cérémonies officielles, conférences, campagnes de sensibilisation et hommages se tiennent dans plusieurs capitales africaines, sous l’impulsion des ministères chargés du Genre, de la Famille et de la Promotion de la Femme.
Une mobilisation qui dépasse la seule question de l’égalité
La Journée internationale de la femme africaine ne se limite pas à la défense des droits des femmes. Elle rappelle également leur contribution essentielle au développement économique, à la cohésion sociale, à l’innovation et à la gouvernance des territoires.
Pour les réseaux consulaires, les chambres de commerce et les organisations d’appui aux entreprises, cette dynamique représente un enjeu majeur. Le renforcement de l’entrepreneuriat féminin, l’amélioration de l’accès au financement, le développement des compétences et la promotion du leadership constituent autant de leviers favorisant une croissance plus inclusive et durable.
À travers son action en faveur de la coopération économique entre l’Afrique et l’espace francophone, la CPCCAF demeure attentive aux initiatives qui contribuent à renforcer la place des femmes dans le développement des entreprises, des territoires et des écosystèmes entrepreneuriaux.
Une journée distincte des autres célébrations internationales
Il convient de distinguer la Journée internationale de la femme africaine (31 juillet) de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), célébrée à l’échelle mondiale.
Elle ne doit pas non plus être confondue avec la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine, instaurée par les Nations Unies, qui répond à des objectifs spécifiques liés aux réalités des diasporas africaines.
Par son histoire et sa portée panafricaine, la JIFA demeure une référence incontournable pour mettre en valeur les contributions des femmes africaines au développement du continent et promouvoir leur pleine participation aux transformations économiques et sociales.
