Près de 6 millions d’adultes malgaches, environ 40% de la population, ne disposent pas d’acte de naissance à Madagascar. Beaucoup vivent sans identité légale, ce qui limite leur accès à l’emploi formel, aux services financiers et à d’autres droits essentiels.
Une nouvelle loi adoptée en mai 2026 permet désormais l’enregistrement massif des naissances dans le cadre d’une opération nationale d’enrôlement biométrique soutenue par le projet PRODIGY, financé par la Banque mondiale et le Mécanisme de Financement Mondial.
Ce que permet la nouvelle approche
La réforme offre aux adultes sans aucun document d’identité une voie de régularisation sans procédure judiciaire. Elle combine :
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un cadre juridique nouveau,
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une coopération institutionnelle (ministère de l’Intérieur, ministère de la Justice, communes),
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des technologies biométriques (empreintes digitales, scans de l’iris).
Depuis avril, plus de 2 000 équipes mobiles collectent ces données à travers le pays. Au 10 juin, plus de 3,25 millions d’adultes avaient déjà été enregistrés dans la base nationale.
Autre élément clé : la mobilisation des communautés. Plus de 19 000 chefs de fokontany peuvent attester de l’identité de personnes sans documents. Leur témoignage, associé aux données biométriques, constitue un socle pour la délivrance d’actes de naissance à grande échelle.
Les défis restants
Malgré ce succès, le nombre d’adultes enregistrés n’ayant jamais possédé aucun document d’identité reste encore faible : environ 50 000 sur 3,25 millions. Cela montre que les populations les plus marginalisées sont encore loin d’être toutes atteintes.
Pour rompre durablement le cycle de l’exclusion, il faudra aussi :
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mener des campagnes d’information à grande échelle,
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renforcer la mobilisation des communautés locales,
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poursuivre le déploiement des équipes mobiles dans les zones isolées,
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et mettre en place de nouvelles réformes pour que chaque enfant puisse être déclaré dès sa naissance.
L’expérience de Madagascar illustre comment technologie, volonté politique et solutions adaptées aux réalités du terrain peuvent se conjugurer pour donner une identité légale à des millions de personnes jusqu’alors « invisibles ».
Source : Banque mondiale, « Avoir un nom, exister aux yeux de l’État : donner une identité légale à des millions de Malagasy », 1 juillet 2026.
