Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, le 25 septembre 2026, le bouclage financier et le premier décaissement en faveur des centrales solaires hybrides de Gassi et Lamadji, développées par le producteur indépendant d’électricité Qair au Tchad. D’un montant total de 37,9 millions d’euros, le financement doit permettre de lancer la construction de ces installations, qui associeront une capacité solaire de 30 MWc à un système de stockage par batteries de 8 MWh. Le projet s’inscrit dans les initiatives continentales « Desert to Power » et « Mission 300 », consacrées au développement des énergies renouvelables et à l’élargissement de l’accès à l’électricité.
Les centrales de Gassi et Lamadji constituent une étape importante pour le développement de la production électrique au Tchad. Situées dans la région de N’Djamena, elles sont développées par Qair, un producteur indépendant d’électricité présent sur le marché tchadien.
Le bouclage financier a permis de mobiliser une enveloppe de 37,9 millions d’euros, structurée par le Groupe de la Banque africaine de développement avec plusieurs partenaires : Proparco, le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA) et le Fonds vert pour le climat (FVC).
Le montage comprend également une garantie partielle de risque de 8 millions d’euros, émise conjointement par le Fonds africain de développement et le Fonds vert pour le climat. Elle vise à sécuriser le mécanisme de lettre de crédit destiné à garantir les obligations de paiement de la société nationale d’électricité Tchadelec au titre du contrat d’achat d’électricité.
Cette architecture financière illustre le rôle des partenariats entre institutions de financement du développement et investisseurs privés dans la réalisation de projets énergétiques nécessitant des investissements importants.
Une capacité solaire de 30 MWc associée à des batteries
Les deux centrales présenteront une capacité photovoltaïque combinée de 30 mégawatts-crête (MWc), complétée par un système de stockage par batteries de 8 mégawattheures (MWh).
Le stockage doit contribuer à mieux gérer l’électricité produite par les installations solaires et à soutenir son intégration au réseau national. L’électricité sera vendue dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité d’une durée de 20 ans conclu avec Tchadelec.
La réalisation de ces infrastructures vise à renforcer les capacités de production électrique du pays et à contribuer à une alimentation plus fiable. Le bouclage financier étant désormais effectif, la construction des centrales peut avancer vers la phase de réalisation.
Les résultats effectifs en matière de production, de desserte et de continuité du service dépendront toutefois de la mise en œuvre du projet et de son raccordement au réseau.
« Desert to Power » et « Mission 300 » : deux initiatives complémentaires
Le projet de Gassi et Lamadji contribue aux objectifs de deux initiatives soutenues par la Banque africaine de développement.
L’initiative « Desert to Power » vise à développer à grande échelle le potentiel solaire de la région du Sahel, avec un objectif de 10 000 MW de capacité de production solaire. Elle entend favoriser l’accès à une électricité propre et soutenir la transformation énergétique de la région.
De son côté, « Mission 300 », portée par la Banque africaine de développement et le Groupe de la Banque mondiale avec plusieurs partenaires, ambitionne de connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici à 2030.
Ces initiatives associent développement des infrastructures, mobilisation des investissements privés et amélioration de l’accès à l’énergie. Le financement des centrales tchadiennes illustre la manière dont des projets nationaux peuvent contribuer à des objectifs énergétiques plus larges.
Le financement mixte pour mobiliser les investissements privés
Le montage financier de Gassi et Lamadji met en évidence l’importance du financement mixte, qui associe différentes sources de capitaux et des instruments de garantie afin de faciliter la réalisation de projets d’infrastructures.
Dans des environnements où les risques de paiement ou les incertitudes économiques peuvent freiner les investisseurs, les garanties permettent de renforcer la sécurité financière des opérations et de faciliter la mobilisation de financements complémentaires.
La participation de la BAD, de Proparco, du SEFA et du Fonds vert pour le climat témoigne de la complémentarité possible entre institutions de développement, mécanismes climatiques et opérateurs privés.
Pour les économies africaines, cette approche peut contribuer à faire émerger des projets d’énergie renouvelable capables de répondre à la demande tout en soutenant la transition énergétique.
L’accès à l’électricité, un enjeu de développement économique
L’amélioration de l’approvisionnement électrique constitue un enjeu transversal pour les économies africaines. Les entreprises ont besoin d’une énergie disponible et fiable pour produire, transformer, conserver leurs marchandises et développer leurs activités.
Au Tchad, l’augmentation des capacités de production peut contribuer à renforcer les conditions nécessaires au développement du secteur privé. Les effets économiques dépendront cependant de la capacité du réseau à acheminer l’électricité, des conditions de raccordement et de la qualité du service fourni aux utilisateurs.
Pour les chambres consulaires et les organisations intermédiaires, ces enjeux sont directement liés à la compétitivité des entreprises, à l’attractivité des territoires et au développement des activités industrielles et de services.
Le projet de Gassi et Lamadji illustre ainsi l’importance de la coopération entre pouvoirs publics, institutions financières et investisseurs privés pour développer les infrastructures énergétiques indispensables à la croissance des économies africaines.
Source : Groupe de la Banque africaine de développement, communiqué du 25 septembre 2026
