Publié le 5 octobre 2026, l’Atlas Trois Océans, réalisé conjointement par l’Agence française de développement (AFD) et l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), invite à repenser la place des territoires insulaires, ultramarins et côtiers dans les équilibres mondiaux. À travers 20 planches thématiques, cartes et infographies, cette publication met en lumière les défis climatiques, économiques et sociaux de ces territoires, mais aussi les solutions qu’ils développent et le rôle déterminant de la coopération régionale.
Les océans sont essentiels au fonctionnement de la planète. Ils contribuent à la régulation du climat, abritent une biodiversité exceptionnelle et structurent une part importante des échanges internationaux. Près de 80 % du commerce mondial transite par voie maritime et plus de 98 % des télécommunications passent par des câbles sous-marins, rappelle l’AFD.
Pourtant, les espaces insulaires et côtiers restent souvent abordés comme des territoires périphériques. L’Atlas Trois Océans propose de changer de perspective en les analysant à l’échelle des grands bassins maritimes : l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique.
Fruit d’un travail conjoint entre l’AFD et l’IRIS, cette publication croise des données sociales, politiques, économiques et écologiques. Elle associe territoires ultramarins, États insulaires et pays côtiers afin de mieux comprendre les interdépendances qui les relient et les défis communs auxquels ils sont confrontés.
Des territoires en première ligne face au changement climatique
Les territoires insulaires et littoraux subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique et la dégradation des écosystèmes marins. Ils doivent également composer avec des contraintes structurelles : ressources limitées, marchés de petite taille et dépendance aux importations.
Dans plusieurs territoires étudiés, plus de 80 % de la consommation alimentaire repose sur des produits importés. Cette situation pose la question de la sécurité alimentaire, de la diversification des économies locales et de la capacité à développer des filières de production plus résilientes.
L’atlas met notamment en évidence les initiatives mises en œuvre pour répondre à ces vulnérabilités. En Polynésie française, la pratique traditionnelle du rāhui, qui consiste à mettre temporairement une zone marine au repos pour favoriser le renouvellement des ressources, illustre la complémentarité possible entre savoirs locaux et connaissances scientifiques.
D’autres territoires expérimentent des solutions dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture, de la gestion de l’eau et de la préservation des milieux naturels.
Valoriser les ressources locales et les savoir-faire
Au-delà des enjeux environnementaux, la publication souligne la place des communautés locales dans la résilience des territoires. Les solidarités, les mobilités, la transmission des savoirs et les activités économiques de proximité constituent des ressources essentielles pour faire face aux transformations en cours.
À Mayotte, les femmes jouent notamment un rôle important dans la transformation et la commercialisation des produits de la pêche, ainsi que dans l’aquaculture et l’algoculture.
La préservation des écosystèmes peut également contribuer au maintien des activités économiques et des moyens de subsistance. Des initiatives de restauration des mangroves et des milieux marins participent ainsi à la protection des littoraux et à une gestion plus durable des ressources.
Ces exemples rappellent que les enjeux environnementaux et économiques sont étroitement liés : préserver les ressources naturelles, développer les emplois et renforcer l’autonomie des territoires nécessitent des approches complémentaires.
La coopération régionale comme réponse aux défis communs
L’un des principaux enseignements de l’Atlas Trois Océans réside dans l’importance de la coopération régionale. Les problématiques climatiques, alimentaires, énergétiques et maritimes dépassent les frontières administratives. Les réponses doivent donc s’appuyer sur des partenariats entre territoires voisins, institutions, communautés et acteurs scientifiques.
Dans le Pacifique, la coopération entre les communautés locales, les chercheurs et les institutions contribue notamment à faire émerger de nouveaux modèles de conservation.
Pour l’AFD, cette approche s’inscrit dans la stratégie « Trois Océans », adoptée en 2019, qui vise à renforcer l’intégration régionale des territoires ultramarins et à mieux répondre aux défis transfrontaliers. Elle favorise le partage des connaissances, la mutualisation des moyens et la recherche de solutions adaptées aux réalités de chaque bassin océanique.
Cette logique de coopération présente un intérêt particulier pour les économies insulaires et côtières, dont la capacité d’action peut être renforcée par la coordination des politiques publiques et des initiatives économiques à l’échelle régionale.
Des enseignements pour le développement économique des territoires
En réunissant données, cartographies et analyses, l’Atlas Trois Océans offre un outil de compréhension des liens entre environnement, activités économiques et dynamiques sociales. Il contribue à faire ressortir les enjeux de souveraineté alimentaire et énergétique, de résilience climatique, de préservation de la biodiversité et de création d’emplois.
Pour les chambres consulaires et les organisations intermédiaires, ces questions rejoignent plusieurs priorités : accompagner les entreprises dans leur adaptation aux risques climatiques, soutenir les filières locales, favoriser l’innovation et renforcer les partenariats économiques régionaux.
La publication invite ainsi à considérer les territoires insulaires et côtiers non comme de simples espaces vulnérables, mais aussi comme des lieux d’expérimentation, d’innovation et de coopération. Les initiatives qui y sont développées peuvent nourrir la réflexion sur des modèles de développement conciliant activité économique, gestion durable des ressources et solidarité entre territoires.
Source : Agence française de développement (AFD), « Atlas Trois Océans : changer de regard sur les territoires insulaires », 5 octobre 2026.
