L’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) vient de publier, le 8 septembre 2026, le classement des 100 principaux pôles d’innovation mondiaux dans le cadre de l’Indice mondial de l’innovation. Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou, Tokyo-Yokohama, San José-San Francisco, Séoul et Beijing occupent les cinq premières places. Si l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Europe concentrent l’essentiel de ces pôles, le classement met également en évidence la progression de plusieurs économies émergentes et les enjeux liés au développement d’écosystèmes territoriaux capables de rapprocher recherche, entreprises, talents et investissements.
L’Asie confirme son poids dans l’innovation mondiale
Le classement 2026 de l’OMPI place Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou en première position, devant Tokyo-Yokohama, San José-San Francisco, Séoul et Beijing.
Le top 10 est complété par Shanghai-Suzhou, New York, Londres, Boston-Cambridge et Paris. La capitale française occupe ainsi la 10ᵉ position mondiale, tandis que Londres se classe 8ᵉ.
Cette concentration géographique traduit l’importance des territoires dans la dynamique d’innovation. Les pôles identifiés par l’OMPI regroupent notamment des universités, des chercheurs, des inventeurs, des entreprises innovantes, des investisseurs et des acteurs du capital-risque.
L’innovation ne se développe donc pas uniquement à l’échelle nationale : elle s’organise également autour d’écosystèmes territoriaux capables de mettre en relation les différents acteurs de la chaîne de valeur de l’innovation.
Chine et États-Unis concentrent près de la moitié des 100 premiers pôles
La concentration des pôles d’innovation reste particulièrement forte dans quelques économies.
Selon l’OMPI, la Chine compte 25 pôles parmi les 100 premiers, tandis que les États-Unis en comptent 20. À eux deux, ces pays regroupent ainsi près de la moitié des principaux pôles d’innovation mondiaux. L’Allemagne en compte sept, tandis que l’Inde et le Royaume-Uni en comptent chacun quatre.
Cette concentration souligne le rôle des politiques publiques, des infrastructures de recherche, des capacités entrepreneuriales et des mécanismes de financement dans la constitution d’écosystèmes innovants.
Elle met également en évidence l’importance des liens entre recherche, entreprises, talents et capitaux, éléments que l’OMPI considère comme déterminants pour transformer les connaissances en innovations ayant un impact économique et social.
Un seul pôle africain dans le Top 100
Le classement met toutefois en évidence un déséquilibre géographique persistant.
Le Caire, en Égypte, se classe 86ᵉ et constitue le seul pôle africain figurant parmi les 100 premiers pôles d’innovation mondiaux en 2026. À titre de comparaison, l’Amérique latine compte deux pôles : São Paulo, 49ᵉ, et Mexico, 82ᵉ.
Cette situation constitue un enjeu important pour les politiques d’innovation sur le continent africain. Elle souligne la nécessité de renforcer les capacités locales en matière de recherche, de propriété intellectuelle, d’entrepreneuriat innovant, de financement et de transfert de technologies.
Pour les économies africaines, le développement de pôles territoriaux adaptés aux réalités locales peut notamment contribuer à rapprocher les établissements de recherche, les entreprises, les start-up et les investisseurs.
Mesurer l’innovation au-delà des frontières administratives
L’un des intérêts majeurs du classement de l’OMPI réside dans son approche territoriale.
Les pôles sont identifiés à partir de trois types de données : la localisation des inventeurs figurant dans les demandes de brevet déposées selon le Traité de coopération en matière de brevets (PCT), l’affiliation des auteurs d’articles scientifiques et la localisation des entreprises bénéficiant de financements en capital-risque.
Cette méthodologie permet d’identifier des concentrations d’activité innovante qui peuvent dépasser les frontières administratives traditionnelles.
Elle apporte ainsi un éclairage utile aux décideurs publics et aux acteurs économiques souhaitant mieux comprendre les facteurs territoriaux qui favorisent l’émergence et la croissance des activités innovantes.
L’intensité de l’innovation, un autre indicateur clé
La taille d’un pôle ne suffit toutefois pas à mesurer son dynamisme.
Lorsque l’OMPI rapporte l’activité d’innovation à la population, San José-San Francisco et Cambridge occupent les deux premières places en matière d’intensité de l’activité innovante. Ils sont suivis par Ningde, Boston-Cambridge et Oxford.
Cette distinction entre volume et intensité est particulièrement intéressante pour les territoires qui cherchent à développer leur propre écosystème.
Elle montre qu’un territoire peut renforcer sa capacité d’innovation sans nécessairement disposer de la taille démographique ou économique des grandes métropoles mondiales, à condition de réunir des compétences, des infrastructures, des capacités de recherche et des mécanismes de financement adaptés.
Quels enseignements pour les territoires africains ?
Pour les économies africaines, le classement de l’OMPI constitue un indicateur utile des efforts à poursuivre en matière de développement des écosystèmes d’innovation.
La création de pôles compétitifs suppose notamment de renforcer les passerelles entre universités, centres de recherche, entreprises, structures d’accompagnement et investisseurs.
Elle implique également de faciliter l’accès des entrepreneurs aux compétences, aux financements et aux dispositifs de protection de la propriété intellectuelle.
Dans cette perspective, les chambres consulaires et organisations intermédiaires peuvent jouer un rôle d’interface entre les entreprises, les pouvoirs publics et les différents acteurs de l’écosystème. Leur proximité avec les territoires et le tissu entrepreneurial peut contribuer à identifier les besoins des entreprises et à favoriser leur mise en réseau.
Innovation et développement économique : un enjeu pour la coopération consulaire
Au-delà du classement, l’initiative de l’OMPI rappelle que l’innovation constitue désormais un levier central de compétitivité, de diversification économique et de création de valeur.
Pour le réseau consulaire africain et francophone, le développement d’écosystèmes territoriaux d’innovation représente ainsi un enjeu de coopération à part entière : accompagnement des entreprises innovantes, développement des compétences, accès aux financements, transfert de technologies, protection de la propriété intellectuelle et mise en relation internationale.
Le classement 2026 invite finalement à dépasser une approche exclusivement centrée sur les performances nationales pour s’intéresser davantage aux territoires où se rencontrent les talents, la recherche, l’entrepreneuriat et l’investissement.
C’est dans cette capacité à créer des passerelles entre ces différents acteurs que se joue une part importante de la compétitivité économique future des territoires africains et francophones.
Source : Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), « Indice mondial de l’innovation de l’OMPI : Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou, Tokyo-Yokohama, San José-San Francisco, Séoul et Beijing sont les principaux “pôles d’innovation” au monde », 8 septembre 2026.
