RDC–Zambie : à Kasumbalesa, la FEC appelle à une transition concertée pour sécuriser le commerce transfrontalier

Mise à jour le 8 septembre 2026

La situation au poste-frontière de Kasumbalesa, entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, met en lumière les enjeux liés à la fluidité des échanges et à la mise en conformité des opérations commerciales. Face au renforcement des contrôles, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) plaide pour une transition progressive et concertée. Elle propose notamment l’organisation d’une table ronde réunissant autorités publiques, services douaniers, transporteurs et opérateurs économiques.

La situation observée au poste-frontière de Kasumbalesa dépasse les seuls enjeux locaux. Selon la FEC, les difficultés rencontrées affectent directement le commerce extérieur, la mobilisation des recettes publiques ainsi que l’équilibre socio-économique de la région.

Le renforcement des contrôles vise notamment à lutter contre le transbordement illicite, les ruptures de charge et la surcharge des véhicules, désignée localement sous le terme de « Bamba Roho ».

Pour la FEC, ces mesures répondent à des objectifs légitimes de sécurité, de traçabilité et de respect de la réglementation. Leur mise en œuvre doit toutefois être accompagnée afin d’éviter que la transition vers de nouvelles pratiques ne fragilise les acteurs économiques qui dépendent du corridor.

Des difficultés opérationnelles qui pèsent sur les opérateurs

Le renforcement des restrictions, intervenu dans le contexte des accords transfrontaliers RDC-Zambie de Ndola, fait apparaître plusieurs difficultés pour les opérateurs économiques.

La FEC relève notamment un manque de clarté concernant les procédures applicables au transbordement. Certains camions réguliers seraient ainsi bloqués à la frontière, générant des coûts supplémentaires et des tensions entre les différents acteurs du corridor.

La question de la surcharge routière constitue également un enjeu important. Si la lutte contre cette pratique est considérée comme nécessaire, les transporteurs doivent pouvoir disposer d’un cadre leur permettant de s’adapter aux nouvelles exigences et au barème applicable.

Enfin, la FEC souligne le sentiment d’inégalité ressenti par certains opérateurs face à la différence de traitement entre les circuits formels soumis à des contrôles renforcés et la persistance de voies parallèles, notamment désignées sous le terme de « Bilanga ».

La FEC propose une table ronde multi-acteurs

Face à ces difficultés, la FEC Kasumbalesa privilégie le dialogue plutôt que l’opposition entre exigences réglementaires et impératifs économiques.

L’organisation patronale propose ainsi la tenue urgente d’une table ronde multi-acteurs à Kasumbalesa.

Cette concertation devrait réunir les autorités publiques, la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), la mairie, les services de sécurité, les transporteurs ainsi que les agences en douane.

L’objectif affiché n’est pas de remettre en cause le principe des réformes, mais d’aboutir à une interprétation harmonisée des règles et à une mise en œuvre permettant d’en anticiper les conséquences économiques et sociales.

Concilier conformité, sécurité et fluidité des échanges

La démarche proposée par la FEC pose une question centrale pour les politiques de facilitation des échanges : comment renforcer la conformité et la sécurité des opérations commerciales tout en préservant la fluidité des corridors ?

Pour les entreprises engagées dans le commerce transfrontalier, la prévisibilité des procédures constitue un facteur essentiel. La clarification des règles, l’harmonisation de leur application et l’anticipation des impacts pour les opérateurs peuvent contribuer à réduire les surcoûts et les blocages.

Dans cette perspective, la concertation entre administrations et secteur privé apparaît comme un levier permettant de rapprocher les objectifs de régulation des réalités opérationnelles rencontrées sur le terrain.

Un enjeu qui dépasse le seul corridor de Kasumbalesa

La situation de Kasumbalesa illustre plus largement les défis auxquels sont confrontés les corridors commerciaux africains : sécurisation des échanges, simplification des procédures, contrôle des marchandises, amélioration des infrastructures et coordination entre les différents services intervenant aux frontières.

Pour les organisations consulaires et patronales, la capacité à faire remonter les préoccupations des entreprises et à favoriser le dialogue avec les autorités constitue un élément important de l’amélioration du climat des affaires.

L’expérience de Kasumbalesa rappelle ainsi que la réussite des réformes commerciales repose également sur leur appropriation par les opérateurs économiques et sur un dialogue structuré entre les parties prenantes.

Vers une feuille de route concertée pour Kasumbalesa

À travers sa proposition de table ronde, la FEC souhaite contribuer à l’élaboration d’une feuille de route permettant de préserver simultanément la légalité, la sécurité et la fluidité du corridor.

Cette approche rejoint les objectifs plus larges de facilitation du commerce en Afrique : créer des conditions permettant aux entreprises de circuler et d’échanger dans un environnement réglementaire clair, prévisible et compétitif.

À Kasumbalesa, l’enjeu est donc désormais de transformer les difficultés actuelles en opportunité de dialogue afin d’accompagner la transition vers un commerce transfrontalier plus sûr, plus fluide et davantage conforme aux exigences réglementaires.

Source : Fédération des Entreprises du Congo (FEC), « Kasumbalesa : Pour une transition concertée vers un commerce transfrontalier plus sûr, fluide et compétitif »

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