Alors que la Mongolie accueille la COP 17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (17–28 août 2026), en pleine Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, le groupe AFD met en avant le rôle stratégique du pastoralisme et la nécessité de transformer cette reconnaissance en revenus concrets pour les éleveurs, notamment via la filière lait.
Un mode d’élevage essentiel mais sous pression
Le pastoralisme fait vivre plus de 500 millions de personnes dans une centaine de pays, sur des savanes, steppes, zones arides ou de montagne qui couvrent plus de 54% de la surface terrestre. Ces territoires assurent un sixième de la production alimentaire mondiale et concentrent près d’un tiers du réservoir de carbone terrestre, mais jusqu’à la moitié des parcours pastoraux seraient dégradés.
En Afrique de l’Ouest, l’élevage fait vivre 80% de la population et l’élevage agro-pastoral fournirait 70% de la production laitière. Pourtant, une grande partie de ce lait reste absente des circuits formels : produit loin des villes, en quantités dispersées, par des troupeaux mobiles, il est souvent jugé « non commercialisable ». Dans les grandes villes, la consommation repose largement sur du lait en poudre importé, faiblement taxé (environ 5% dans l’espace CEDEAO), contre plus de 50% dans des pays plus protecteurs comme le Kenya.
L’action de l’AFD : de la mobilité à la structuration des filières
L’AFD a d’abord travaillé sur les conditions de la mobilité des élevages. Au Tchad, elle accompagne depuis plusieurs décennies une approche intégrée : hydraulique pastorale, santé animale et humaine, éducation adaptée aux populations mobiles et gouvernance territoriale.
La dynamique s’étend désormais à l’échelle régionale, avec l’Observatoire régional des systèmes d’élevage mobile (OSEMAOS) en Afrique de l’Ouest et au Sahel, qui fournit des données fiables pour la décision publique. L’AFD soutient aussi le Projet d’appui à l’Offensive lait en Afrique de l’Ouest (PAOLAO) (11 millions d’euros), qui accompagne la stratégie « Offensive lait local » de la CEDEAO : doubler la production laitière locale et atteindre 25% d’incorporation dans l’industrie agroalimentaire d’ici 2030, tout en structurant les filières (collecte, transformation, labels).
Lors du sommet Africa Forward à Nairobi, une « Coalition continentale lait local » a été lancée par la CEDEAO, avec l’appui de partenaires publics et privés dont l’AFD. En Tanzanie, l’AFD et le FIDA appuient toute la chaîne de valeur laitière, avec une attention aux petits producteurs et aux femmes.
De la Mongolie à l’Afrique : valoriser les produits pastoraux
En Mongolie, le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) soutient une démarche comparable via AVSF, qui a structuré la première filière de cachemire durable du pays, où la rémunération est liée aux pratiques de pâturage. Que ce soit le lait en Afrique ou le cachemire en Mongolie, c’est la valorisation économique des produits pastoraux qui rend soutenable la gestion des parcours.
À la COP 17, la Mongolie a fait du pastoralisme une thématique phare, prolongeant les décisions de la COP 16 et la dynamique engagée à Nairobi. Dans un contexte de crises alimentaires et climatiques croissantes, soutenir le pastoralisme et la production laitière apparaît comme un enjeu clé de résilience des systèmes alimentaires, d’équilibre des territoires ruraux et de restauration des terres.
Source : Groupe AFD, Du Sahel aux steppes mongoles : sur la route du lait avec le groupe AFD, 18 août 2026.
