La République démocratique du Congo devrait enregistrer une croissance de 5,6% en 2026, portée par les mines mais aussi par les secteurs non extractifs. C’est l’un des principaux enseignements de la récente mission du Fonds monétaire international, qui a également confirmé un appui financier de 442 millions de dollars pour accompagner le pays face aux chocs externes.
Une croissance soutenue
À l’issue de la revue de l’économie congolaise menée du 23 avril au 6 mai 2026, le FMI estime que la RDC reste sur une trajectoire de croissance robuste, comparable à celle de 2025. Le pays devrait ainsi afficher un PIB nominal de 123 milliards de dollars en 2026, selon les projections du Fonds, avec une dynamique toujours soutenue par le cuivre et par la montée en puissance d’activités hors mines.
Le FMI et les autorités congolaises sont par ailleurs parvenus à un accord au niveau des services sur la troisième revue de la Facilité élargie de crédit, pour environ 260 millions de dollars, ainsi que sur la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité, pour environ 182 millions de dollars. Au total, 442 millions de dollars pourraient être mobilisés pour aider le pays à absorber les effets des chocs externes.
Une inflation encore contenue
Sur le plan monétaire, l’inflation est restée relativement maîtrisée ces derniers mois, autour de 2,5% en glissement annuel depuis octobre 2025, en deçà de la cible fixée par la Banque centrale du Congo. Le FMI appelle toutefois à la prudence, alors que le relèvement des prix du carburant pourrait exercer de nouvelles pressions sur les prix à la consommation dans les mois à venir.
Dans ce contexte, la mission encourage la Banque centrale à conserver une ligne prudente, d’autant plus que l’institution a déjà abaissé son taux directeur à plusieurs reprises depuis le début de l’année 2026.
Une dette encore faible
L’un des points de solidité soulignés par le Fonds concerne le niveau de la dette publique, resté faible et même en recul à la fin de 2025, à 18,1% du PIB contre 20,9% un an plus tôt. Cette situation offre une certaine marge de manœuvre budgétaire, alors que le gouvernement congolais cherche à financer ses priorités de développement et d’investissement.
Dans cette logique, Kinshasa a également diversifié ses sources de financement. Après un accord de crédit conclu avec Gemcorp Capital en 2024, la RDC a levé, le 9 avril dernier, son premier eurobond sur les marchés internationaux, pour un montant de 1,25 milliard de dollars. Le FMI a salué cette opération, estimant qu’elle pourrait soutenir les investissements productifs tout en réduisant le recours à des financements domestiques plus coûteux.
Des réformes encore nécessaires
Malgré des indicateurs globalement favorables, le FMI rappelle que l’économie congolaise demeure fragile, en raison de la pauvreté, de la faiblesse du capital humain et des tensions sécuritaires dans l’est du pays. Le Fonds appelle donc à poursuivre les réformes, notamment dans la gestion des finances publiques, la transparence budgétaire, l’investissement public, la gouvernance et la lutte contre la corruption.
L’institution insiste aussi sur la nécessité d’améliorer la qualité des dépenses sociales, de renforcer le climat des affaires et de moderniser le cadre réglementaire, notamment dans les secteurs du travail et des ressources naturelles. Pour le FMI, la résilience actuelle de l’économie congolaise ne doit pas masquer les fragilités structurelles qui continuent de peser sur la trajectoire du pays.
Source : Pierre Olivier Rouaud, « RDC : l’économie résiliente malgré les chocs externes, selon le FMI », Classe Export, 12 mai 2026.
