L’ambassadeur du Sénégal en France, SEM Baye Moctar Diop, a livré à Paris une intervention nuancée sur la responsabilité sociétale des entreprises françaises en Afrique. Il a salué certaines réalisations concrètes, tout en questionnant la portée réelle de la RSE lorsqu’elle n’est pas adossée à des obligations fortes en matière d’emplois locaux, d’impôt et de contenu local.
Une position mesurée
Pour le diplomate, la RSE est souvent perçue en Afrique comme un outil permettant de valoriser l’image d’entreprises étrangères, alors que les populations attendent surtout des retombées économiques tangibles. Il a souligné que, dans plusieurs pays européens, la RSE est encadrée par des règles, tandis qu’en Afrique elle relève plus souvent du volontariat des entreprises.
Il a aussi rappelé que le Sénégal diversifie ses partenariats économiques vers la Chine, la Turquie et les Émirats arabes unis, dans un contexte de concurrence internationale accrue. Cette évolution replace la présence française dans un environnement où les investisseurs sont désormais comparés sur la base de leur impact réel.
Deux exemples cités
L’ambassadeur a pris pour exemple Eramet Grande-Côte et Sococim afin d’illustrer ce qu’il considère comme des pratiques RSE plus ou moins avancées. Concernant Eramet Grande-Côte, il a évoqué des investissements communautaires, des réinstallations de ménages, des terres réhabilitées et des projets locaux financés dans plusieurs communes.
À propos de Sococim, il a reconnu des efforts réels, tout en estimant qu’il reste encore des marges de progression. Son propos visait à montrer qu’entre communication RSE et impact concret, les niveaux d’engagement peuvent varier fortement selon les entreprises.
Le débat de fond
L’essentiel de son message porte sur une question plus large : la RSE suffit-elle à répondre aux attentes des États et des populations africaines ? Selon lui, les pays africains gagneraient peut-être à mettre davantage l’accent sur le contenu local, la création d’emplois et le civisme fiscal dans leurs négociations avec les investisseurs.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de demander aux entreprises de mener des actions sociales, mais de s’assurer qu’elles contribuent structurellement au développement économique des pays où elles opèrent.
Source : Alfred Mignot, SEM Baye Moctar DIOP, Ambassadeur du Sénégal à Paris : un regard positif mais nuancé sur la RSE des entreprises françaises en Afrique, AfricaPresse.Paris, 28 juin 2026.
