Meriem Ben Salah : l’Afrique doit repenser son développement

Mise à jour le 13 juillet 2026

Dans cette tribune, Meriem Ben Salah explique que le nouveau contexte mondial oblige l’Afrique à revoir sa manière de penser le développement. Selon elle, la vraie question n’est plus seulement de mobiliser davantage de capitaux, mais de financer ce qui réduit les dépendances et renforce la souveraineté économique du continent.

Un monde qui finance sa résilience

L’autrice rappelle que les grandes puissances cherchent aujourd’hui à réduire leurs propres dépendances après des chocs comme la pandémie, la guerre en Ukraine ou les tensions énergétiques. Elles investissent pour sécuriser leurs approvisionnements, relocaliser certaines activités et protéger leurs intérêts stratégiques. Pour elle, cela montre que le financement sert désormais aussi à construire de la résilience.

La fragilité ne se résume pas à la dette

Meriem Ben Salah estime qu’une économie fragile ne se définit pas seulement par son niveau d’endettement. La fragilité se lit aussi dans la dépendance aux matières premières, aux technologies importées, aux devises étrangères, ou encore aux importations alimentaires et énergétiques. Elle souligne aussi que l’Afrique exporte non seulement ses ressources naturelles, mais parfois aussi une partie de sa capacité à financer son propre développement.

Repenser le financement durable

L’autrice propose d’élargir la notion de financement durable. Un financement n’est durable, selon elle, que s’il aide une économie à transformer localement ses ressources, mobiliser son épargne, développer ses chaînes de valeur et capter davantage de richesse. Autrement dit, il doit renforcer la capacité du continent à produire, innover et investir par lui-même.

Vers une souveraineté économique

Pour Meriem Ben Salah, la souveraineté économique ne signifie pas rompre toute interdépendance, mais disposer d’une capacité d’action suffisante pour absorber les chocs et suivre ses propres priorités. Elle conclut que l’enjeu pour l’Afrique n’est pas seulement de créer plus de richesse, mais de s’assurer que cette richesse bénéficie d’abord au continent.

 

Source : Meriem Ben Salah, « Le nouveau paradigme mondial oblige l’Afrique à repenser son développement », 12 juillet 2026.

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