Accès au financement des femmes du secteur informel : la CCIAD renforce son plaidoyer pour une inclusion financière durable

Mise à jour le 22 juillet 2026

Au Sénégal, l’accès au financement demeure un défi majeur pour les femmes entrepreneures évoluant dans le secteur informel. Réunie à Dakar à l’initiative de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD), une rencontre a permis d’identifier les principaux freins à leur développement économique et de formuler des recommandations concrètes en faveur d’une meilleure inclusion financière. Une démarche qui illustre le rôle des chambres consulaires dans l’accompagnement de l’entrepreneuriat féminin et la structuration du tissu économique.

Le 16 juillet 2026, la Commission de Promotion de l’Entrepreneuriat Féminin de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD) a organisé un atelier consacré à la contribution des femmes du secteur informel et aux conditions d’amélioration de leur accès aux financements.

Cette rencontre a réuni responsables consulaires, experts, institutions publiques et partenaires autour d’un objectif commun : identifier les leviers permettant aux femmes entrepreneures de renforcer durablement leur activité économique tout en facilitant leur intégration dans les circuits financiers formels.

Les échanges ont rappelé le rôle déterminant des femmes dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’artisanat, le commerce ou les services, tout en soulignant que leur contribution demeure insuffisamment reconnue et soutenue.

La formalisation, une condition essentielle de l’inclusion financière

Au cœur des débats, les intervenants ont insisté sur la nécessité de favoriser la formalisation des activités économiques afin de faciliter l’accès aux financements bancaires et aux dispositifs publics d’appui.

La CCIAD identifie quatre leviers prioritaires :

  • la formalisation des entreprises ;
  • une meilleure connaissance des mécanismes de financement ;
  • la structuration des entrepreneures au sein de coopératives ou de groupements d’intérêt économique (GIE) ;
  • la préparation de projets solides et financièrement viables.

Selon les responsables consulaires, ces actions doivent permettre de renforcer la crédibilité des entreprises dirigées par des femmes et d’améliorer leur bancabilité.

Un accompagnement global au service du développement économique

Les interventions ont également mis en avant l’importance d’un accompagnement dépassant le seul accès au crédit.

Les participantes ont notamment souligné la nécessité de renforcer :

  • les compétences entrepreneuriales ;
  • la gestion comptable et financière ;
  • la digitalisation des activités ;
  • l’accompagnement personnalisé avant et après l’obtention d’un financement.

Les échanges ont également insisté sur le rôle des institutions financières, des collectivités territoriales et des partenaires publics pour développer des dispositifs adaptés aux réalités des entrepreneures du secteur informel.

Des recommandations pour renforcer les politiques publiques

Les travaux ont débouché sur plusieurs pistes d’action destinées à améliorer durablement l’environnement entrepreneurial féminin.

Parmi les recommandations figurent :

  • le renforcement des fonds de garantie ;
  • la simplification des procédures d’accès au financement ;
  • le développement de l’éducation financière ;
  • l’intensification des partenariats entre banques, institutions de microfinance et collectivités ;
  • une meilleure intégration des femmes dans les marchés publics ;
  • la promotion des réseaux d’affaires féminins à l’échelle nationale et internationale.

Les participants ont également plaidé pour des mesures favorisant la formalisation progressive des activités et le renforcement des capacités de gestion des entrepreneures.

Un enjeu majeur pour les chambres consulaires africaines et francophones

Les conclusions de cet atelier rejoignent les priorités portées par de nombreuses chambres consulaires membres de la CPCCAF, qui accompagnent la structuration des très petites entreprises, l’autonomisation économique des femmes et le développement des économies locales.

L’inclusion financière constitue aujourd’hui un levier essentiel pour favoriser la création d’entreprises pérennes, renforcer la résilience des territoires et stimuler une croissance plus inclusive. En facilitant l’accès aux services financiers, à la formation et à l’accompagnement entrepreneurial, les institutions consulaires contribuent pleinement au développement du secteur privé et à la valorisation de l’entrepreneuriat féminin dans l’espace africain et francophone.


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