Les Africaines, au cœur de l’entrepreneuriat

Mise à jour le 14 janvier 2020

Les Africaines, au cœur de l’entrepreneuriat


Les solutions qui visaient à développer des systèmes purement numériques ne sont plus… Le retour à une véritable analyse du contexte ou le manque de formation et d’encadrement sur les projets ont eu raison de beaucoup d’initiatives avec pour résultat concret une réorientation plus efficiente et profitable des services proposés. En marge les projets qui incluent le numérique, porté par un nombre grandissant d’acteurs, sont devenues non plus un axe majeur mais un réel levier en synergie des thématiques du développement. Les femmes sont bien souvent les représentantes de ces thématiques dans les projets, elles y développent donc un savoir-faire indispensable avec une légitimité plus que jamais d’actualité. Nous verrons que ces femmes qui s’imposent de plus en plus dans le monde de l’entrepreneuriat, prennent également une place importante dans le digital tout en essayant de respecter les enjeux environnementaux.

Des entrepreneuses dans l’énergie renouvelable

L’énergie reste et restera pendant de nombreuses années une des thématiques majeures du développement, ceci plus en Afrique que n’importe où. Même si plusieurs centaines de millions d’africains rêvent du grand barrage hydraulique d’Inga au Congo, du désert de panneaux solaires dans le Sahara ou de la muraille verte et de sa composante biomasse il va falloir répondre concrètement et de plus en plus vite à la demande énergétique croissante en attendant ces projets aussi miraculeux que passionnants. Ils sont plus de 700 millions à vivre sans aucune source d’énergie selon la Banque Mondiale.

C’est dans cette démarche que se ruent de nombreux investisseurs réunis dans les fonds de dotation, le private equity avec les investisseurs en capital venture, les banques de développement avec du prêt, des garanties ou du don, mais aussi de plus en plus de micro initiatives plus passionnantes les unes que les autres. Les femmes, pourtant pilier de l’économie en Afrique sont seulement bénéficiaires de moins de 38% de ces financements. Paradoxalement ce sont elles qui mettent en place le plus de kit SHS, Solar Home System. Elles en démocratisent l’usage et jamais ne font machine arrière en revenant à l’utilisation d’énergies fossiles.


Des thématiques qui répondent aux objectifs d’évolution de l’Afrique

Les thématiques soutenues comme la santé, l’éducation, l’agriculture, l’entrepreneuriat ou l’énergie sont systématiquement représentatives des défis que l’Afrique doit relever pour répondre aux objectifs de développement durables.

Aujourd’hui, il faut développer immédiatement des solutions à échelle humaine et ne pas attendre des années pour que les projets aboutissent enfin. L’objectif c’est que les populations puissent s’approprier les solutions rapidement et surtout à un coût abordable. N’oublions pas que le 7ème Objectif de Développement Durable (ODD) c’est l’électrification universelle pour tous. Le sujet est présenté dans un film réalisé sur les énergies renouvelables à différentes échelles dans différents projets au Sénégal : https://youtu.be/lz1tvLtT0wc. Un des épisodes de la série Acteurs du Développement.

Des femmes au cœur du développement numérique

On a constaté que les femmes font preuve d’une motivation exceptionnelle, non seulement elles sont présentes dès l’initiative des projets mais elles déplacent de véritables montagnes en passant outre les difficultés chroniques du continent qui sont la corruption, le manque d’infrastructures ou les préjugés dont elles sont victimes. Les femmes s’engagent et ne lâchent rien, elles sont unanimement reconnues comme un pilier de l’économie africaine.

Les femmes ont mis en place de véritable projets très intéressant afin d’aider la population africaine tout en respectant les différents objectifs du développement durable.

  • Togo : un garage école pour former les jeunes aux nouvelles technologies dans l’automobile

Un garage école éco-responsable avec 100% de la production d’énergie par photovoltaïque ? Une femme septuagénaire est aux commandes de cette innovation qui vise à former les jeunes aux véhicules anciens qui arrivent d’Europe mais bardés d’électroniques. Ils arrivent par milliers chaque année dans les ports d’Afrique de l’Ouest. Le garage école est à 70 kilomètres au nord de la capitale et impose par son modernisme et son équipement dernier cri avec des tablettes tactiles permettant de diagnostiquer sans démonter au préalable n’importe quel type de véhicule. Les jeunes, dont 60% sont des femmes, sont formés avec des tablettes liés à des connecteurs sur la détection de pannes et l’évaluation des réparations avec des diagnostiques 100% fiables. Un gain de temps, de fiabilité, de sécurité et une réplicabilité dans l’ensemble du pays. En effet de nombreux garages de la capitale et du nord du pays s’équipent. L’équipe du garage représente fièrement ce qu’il est possible de proposer aux femmes, aux jeunes en matière de création d’emplois dans cette filière.


  • Guinée : apiculture, agroforesterie, eau et énergie propre.

Au nord de la Guinée sur un périmètre regroupant 11 villages près de Gaoual des femmes pilotent une coopérative de production de miel avec un business model impliquant de nombreux partenaires. C’est en mêlant apiculture et agro écologie qu’elles ont réussi à faire croître leurs revenus de 60% en 3 ans. L’élément clef ? Des forages répartis sur toute la zone avec des pompes immergées électriques connectées à des panneaux solaires. Le point d’orgue c’est la filtration par UV qui permet de rendre l’eau potable pour les villageois qui vivent sur les parcelles. La production est telle que le miel est désormais vendue à Conakry la capitale et dans la région où il est produit l’environnement est préservé car la pratique de la culture sur brûlis, impossible avec les ruches, est abandonnée.

  • Rwanda, les femmes aux commandes des citernes d’eau connectées

Au nord du Rwanda sur plus de 250 hectares un groupement de femmes pilotent l’ambitieux programme des 1 000 citernes. Avec un groupe WhatsApp elles déterminent les familles, les zones et les consommations. Une application mêlant analyse hydrique et cartographie (SIG) permet d’identifier les zones les plus urgentes ou sensibles, c’est dans ces zones que le projet devient prioritaire. Des citernes y sont installées et connectées avec des pompages solaires. 30% des citernes communiquent entre-elles et permettent de vendre le surplus d’eau aux familles et d’en offrir au plus nécessiteux. 350 nouvelles citernes vont être déployées en 2019. Deux régions du sud souhaitent aussi s’équiper du système.

  • Bénin, à Ganvié la région lacustre, c’est au fil de l’eau que la cyber pirogue solaire ouvre une porte sur l’internet

Les jeunes scolarisés dans la commune de So-Ava peuvent profiter de formations au numérique avec apprentissage des outils internet sur une cyber pirogue. Ce bateau numérique  accoste une fois par semaine dans leurs écoles isolées de toutes voies terrestres. Cette cyber pirogue est équipée d’un toit solaire avec un système d’antennes 3g, de batteries et de 12 ordinateurs portables connectés. Deux formatrices assurent l’apprentissage pour les plus jeunes qui n’en croient pas leurs yeux. Saisissant des mots dans un moteur de recherche ils voient apparaître les poissons que la famille pèche ou les spécificités de leur environnement et sont sensibilisés sur sa préservation. Deux autres pirogues doivent être mise en place en 2020 et la chaîne Arte est était en tournage fin 2019 pour faire connaître cette initiative. Bien au-delà de l’apprentissage du web et de l’univers des technologies par cette pirogue mobile et à énergie propre c’est la mixité hommes femmes dans l’apprentissage dont il est question. Ouvrir les espaces pour tous sans restrictions.


Grâce à tous ces projets, aujourd’hui, les femmes sont devenues le maillon fort de l’écosystème entrepreneurial en Afrique mais elles sont surtout un moteur économique pour l’Afrique. D’après un rapport du Global Entrepreneurship Monitor Global Report, l’Afrique sub-saharienne a plus de femmes entrepreneurs que les autres régions du monde. Les femmes Africaines représentent à elles seules, plus de 50% de la population. Elles sont donc des actrices incontournables de développement économique du continent Africain.

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