L’Afrique incontournable pour conduire la transition énergétique mondiale (source le Monde)

Mise à jour le 8 novembre 2019

L’Afrique incontournable pour conduire la transition énergétique mondiale

(source le Monde – Laurence Caramel)

Electrification, essor démographique, réserves de minerais stratégiques : le continent est au cœur des enjeux de la riposte contre le changement climatique.

L’Afrique subsaharienne consomme à peine plus d’électricité que l’Espagne. C’est pourtant sur le continent que se joue une importante bataille contre le dérèglement climatique. A quelques semaines de la 25e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP25), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publie, vendredi 8 novembre, un rapport que les négociateurs africains auraient tort de ne pas mettre dans leurs valises avant de s’acheminer vers Madrid. Ils y trouveront de solides arguments pour faire entendre leurs voix à côté des pays gros émetteurs de gaz à effet de serre. « La façon dont l’Afrique parviendra à satisfaire ses besoins énergétiques est cruciale pour l’avenir du continent, et du monde », posent d’emblée les auteurs de cette deuxième édition des Perspectives économiques de l’Afrique, une somme de près de 300 pages.

Cette affirmation s’appuie d’abord sur une réalité démographique : une naissance sur deux dans le monde se produit en Afrique et, d’ici à 2025, la population du continent dépassera celle de la Chine et de l’Inde, avec une urbanisation qui progresse à un rythme sans équivalent. Cet essor démographique alimente une demande en énergie pour l’électricité, les transports, l’industrie… qui est déjà « deux fois plus rapide » que dans les autres régions du monde en développement. La moitié de la population africaine reste encore sans accès à l’électricité et près des deux tiers dépendent du charbon de bois pour cuisiner, au détriment des forêts et de la biodiversité qu’elles abritent.

Chute des prix des technologies solaires

Des progrès ont cependant été réalisés : 20 millions de personnes supplémentaires ont accès à l’énergie chaque année. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans. Mais cela reste très insuffisant pour sortir l’Afrique de l’obscurité d’ici à 2030, l’un des objectifs du développement durable (ODD). Pour l’atteindre, il faudrait aller trois fois plus vite.


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