Coopération entre le Programme ARCHIPELAGO et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)

Mise à jour le 12 février 2021

Coopération entre le Programme ARCHIPELAGO

et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)


 


Le programme ARCHIPELAGO, financé par l’Union européenne dans le cadre du Fonds Fiduciaire d’Urgence de l’Union européenne pour l’Afrique – FFU / EU Emergency Trust Fund for Africa (EUTF), vise à soutenir la création d’emplois, à la fois qualitatifs et durables, dans les pays des régions du Sahel et du lac Tchad. Il tend ainsi à répondre aux difficultés engendrées sur le continent par l’exclusion économique et sociale, la marginalisation et les situations structurelles d’inégalité qui conduisent à la migration irrégulière. Il est mis en oeuvre par  CPCCAFsequaEurochambres.
 
Le programme a organisé deux appels à propositions pour sélectionner, soutenir et financer des projets de partenariat contribuant à l’objectif du programme. Chaque projet de partenariat a une durée de 20 à 32 mois et dispose d’un budget compris entre 400.000 et 600.000 euros20 projets ont été retenus dans les pays suivants : Burkina Faso (2), Cameroun (4), Côte d´Ivoire (2), Ghana (2), Mali (1), Mauritanie (2), Niger (1), Sénégal (4) et Tchad (2).
Les 20 projets sont mis en œuvre par des consortiums comprenant au total 45 partenaires africains et 40 partenaires européens (il s’agit essentiellement de structures d´appui aux entreprises et organisations professionnelles et des centres de formation professionnelle) dans un large éventail de secteurs économiques, notamment l’agriculture, l’agro-industrie, l´hôtellerie, la construction, l´électricité, l´énergie solaire, la mécanique, la foresterie, les métiers portuaires, le textile et l’artisanat.

 priorités sont communes aux 20 projets : 

  • Mise à niveau des compétences professionnelles. ARCHIPELAGO est un programme de développement économique inclusif, qui met l’accent sur l’employabilité des jeunes et des groupes les plus vulnérables, en augmentant leurs compétences professionnelles et en améliorant leurs conditions d’accès à l’emploi.

  •  Employabilité des jeunes. ARCHIPELAGO vise à augmenter l’employabilité et les possibilités d’emploi sur le marché local du travail, grâce au développement de capacités de formation professionnelle et entrepreneuriale correspondant aux besoins du secteur privé.

  • Partenariat et secteur privé. ARCHIPELAGO repose sur la mise en œuvre de projets de partenariat euro-africains entre des structures d’accompagnement des entreprises et des établissements de formation professionnelle et technique. Ces projets visent à développer une offre de formation adaptée au marché du travail et axée sur les besoins du secteur privé et des entreprises pour assurer l’employabilité des jeunes.

  • Formation en alternance. Les projets mis en œuvre développent des modules de formation à  l´entrepreneuriat et de formation duale, réalisés en alternance entre le lieu de travail et un centre de formation. Les compétences et aptitudes transmises correspondent aux nécessités du marché du travail et leur acquisition est validée par une certification.


Parmi les groupes vulnérables auxquels s´adressent les projets ARCHIPELAGO figurent les migrants de retour. À cet égard dès le démarrage du programme, des efforts ont été entrepris afin de favoriser les synergies du programme ARCHIPELAGO avec l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) : 

 
  • l´OIM est membre du comité de pilotage du programme ARCHIPELAGO ;
  • chaque projet ARCHIPELAGO est incité à travailler en collaboration avec le bureau national de l´OIM dans les pays du Sahel et du lac Tchad ;
  • deux séances de travail regroupant les projets ARCHIPELAGO et les représentants de l´OIM ont eu lieu pour partager expériences et bonnes pratiques. Le premier séminaire en ligne a été organisé le 4 juin 2020 et le second s’est tenu le 21 janvier 2021. 
À l´occasion de ce dernier séminaire, l´OIM représenté par Anouk Albinovanus (bureau régional de Bruxelles) et Corantine Groccia (bureau régional de Dakar) a rappelé que les migrants de retour assistés par l´OIM sont :
 
  • d´une part, les migrants en détresse dans un pays d´accueil ou de transit, qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays d’origine, qui ne peuvent pas régulariser leur statut dans le pays où ils résident, et qui n’ont pas accès à des opportunités de migration légales qui leur permettraient de s’installer dans un autre Etat. Ce sont également les migrants qui sont bloqués pour des raisons humanitaires ou de sécurité dans le pays de destination ou de transit, les empêchant de rentrer chez eux, alors qu’ils ne peuvent pas aller ailleurs. 
  • d´autre part, les migrants en situation de vulnérabilité, parmi lesquels les victimes de traite, les mineurs non accompagnés ou séparés et les migrants avec problèmes de santé. Il est à noter que des migrants de retour peuvent également être enregistrés par les autorités locales, mais souvent n’appartiennent pas à ces catégories. La plupart du temps ces migrants de retour sont revenus par leurs propres moyens, parfois après avoir passé un temps plus ou moins long dans un autre pays où ils travaillaient ou étudiaient. Il est fréquent que ces migrants de retour soient donc moins vulnérables que les migrants assistés par l’OIM, et parfois même moins vulnérables que les populations locales n’ayant pas migré.
L´initiative conjointe UE-OIM vise à protéger et à réintégrer les migrants en situation de détresse ou de vulnérabilité dans 26 pays couverts par le Fonds Fiduciaire d´Urgence pour l´Afrique de l´Union Européenne dont 13 pays de la région du Sahel et du Lac Tchad. Il s’agit d´une initiative dotée d´un budget de près de 500 millions d´euros dont plus de 280 millions pour la région du Sahel et lac Tchad couvrant des activités sur une période d’environ 5 ans. Le nombre de migrants à assister avec l´assistance à la réintégration s´élève à près de 90.000 (dont plus de 70.000 pour les pays du Sahel et Lac Tchad d’ici la fin août 2021).
Pays couverts par l’Initiative conjointe UE-OIM – Résultats cumulés à la fin novembre 2020

L`assistance à la réintégration offerte par l´OIM couvre entre autres :
 
  • Soutien social : soutien médical, éducation, soins des enfants, hébergement, soutien légal 
  • Soutien psycho-social : médiation familiale et communautaire, activités de cohésion sociale, conseils psycho-sociaux voire psychologiques, mentorats par les pairs, activités de psychoéducation 
  • Soutien économique : formations techniques et professionnelles, provision de capitaux d’installation, placement professionnel, foire à l’emploi et activités de mise en relation.

Pour fournir ces assistances, l’OIM s’appuie sur un réseau de partenaires locaux et/ou financés par le FFUE ou par d’autres bailleurs dans chacun des pays de mise en œuvre. Le point de rencontre entre les projets ARCHIPELAGO et l’Initiative Conjointe UE-OIM se situe au niveau de la réintégration économique, notamment grâce aux formations techniques et professionnelles et la cible d’environ 30% de migrants vulnérables inscrite dans les objectifs du programme ARCHIPELAGO.
 
Pour l´offre de services de formation de chaque projet ARCHIPELAGO à l´adresse des migrants de retour, l´OIM propose deux types de modalités de coopération :
 
  • Une modalité dite « formelle » avec mise en place d’un accord de partage des données à caractère personnel et l’accès à une plateforme digitale de l’OIM pour faciliter l’orientation des migrants.

Un accord de ce type a été signé entre l´OIM et le projet ARCHIPELAGO au Sénégal coordonné par la Chambre de Métiers et l´Artisanat du Finistère (France) pour des activités de formation professionnelle et à l´entrepreneuriat dans les régions de Saint-Louis, Tambacounda et Kolda. D’autres accords sont également en cours de discussion et validation dans plusieurs pays tels que la Côte d’Ivoire, le Mali, ou encore la Mauritanie. 

 
  • Une modalité dite « informelle » suivant laquelle le projet ARCHIPELAGO informe l’OIM des dates de ses sessions de recrutement pour ses modules de formation avec les profils des apprenants et zone géographique d´intervention. L´OIM propose alors aux migrants de contacter la personne en charge de ces sessions au sein du projet ARCHIPELAGO. Le migrant présente un document montrant qu’il est assisté par l’OIM (laissez-passer, carte d’identification OIM).

Cette seconde approche permet de pouvoir être opérationnel dès le démarrage de chaque projet ARCHIPELAGO. Il est cependant fortement recommandé d´adopter au plus vite la modalité dite « formelle » qui permet à l’OIM d’envoyer les informations concernant le migrant à assister et facilite les échanges d’information et la coordination entre partenaires pour la provision d’assistance et le suivi.

Dans tous les cas, il s’agit d’établir des synergies et des mécanismes de coordination entre les projets OIM et ARCHIPELAGO, qui pourront servir de base pour une collaboration future en cas de continuation des financements de ces projets. D’autre part, et afin de soutenir l’intégration durable de la question transversale de la réintégration des migrants de retour dans les stratégies et mécanismes nationaux en lien avec la formation et l’emploi, les chambres consulaires et autres structures d’ appui aux entreprises impliquées dans les projets Archipelago sont encouragées à intégrer les différentes structures de gouvernance et de coordination de la réintégration mises en place à travers l’Initiative Conjointe UE-OIM dans les différents pays ciblés.

Il est à noter qu’il est possible de discuter des complémentarités entre les activités préexistantes de l’OIM et les projets Archipelago, au cas par cas. Ainsi, si le rôle de l’OIM n’est pas d’organiser des séances de sensibilisation des migrants pour les projets Archipelago, il est possible que l’OIM présente les activités du projet dans les sessions de conseil et d’orientation qu’elle organise déjà dans le cadre du processus d’aide à la réintégration. De la même manière, l’OIM peut prendre en charge les frais de transport ou d’alimentation, et/ou les équipements nécessaires à l’installation de ses bénéficiaires participant aux activités financées par Archipelago. En revanche, l’OIM ne peut pas prendre en charge les frais de formation proprement dits (formateur, équipement et matériel de formation notamment).

Lors du séminaire en ligne du 21 janvier 2021, six projets ARCHIPELAGO ont présenté la situation actuelle de leur coopération avec le bureau national de l´OIM :

La convention de partenariat et sur le partage de partage des données à caractère personnel avec l´OIM est en cours de révision. Il existe déjà cependant une collaboration pour la mise en œuvre d´activités qui s´adressent aux migrants de retour concernant l´identification et prise de contact, insertion des migrants de retour dans les modules de formation, accompagnement pour l´accès à l´emploi dans la région de Kolda et en particulier dans le cadre de la formation en aquaculture.

Le partenaire mauritanien du projet, la Chambre de Commerce, d´Industrie et d´Agriculture de Mauritanie (CCIAM) prévoit la signature durant le premier trimestre 2021 de deux conventions avec le Bureau National de l’OIM : la première Convention régit le cadre de partage des données personnelles de l’OIM et va permettre le partage d’information sur les migrants de retour intéressés par les activités du programme ARCHIPELAGO ; la seconde Convention de partenariat a un champ d’action plus large est permettra d’asseoir un cadre de collaboration entre la CCIAM et l’OIM dans le cadre des activités d’intérêts mutuels en Mauritanie. Il est cependant à noter que peu de migrants de retour assistés par l’OIM correspondent au profil recherché pour les formations qu’offre le projet FORMAEMPLOI, car la plupart ne parlent ou n’écrivent pas le français. D’autre part, les migrants assistés par l’OIM ont souvent plus d’une trentaine d’années et sont donc moins intéressés pour entamer des formations professionnelles à leur retour.

Le bureau national de l’OIM informe les migrants de retour des opportunités de formation offertes par le projet. Des discussions sont en outre en cours pour la mise en place d’un accord de partage des données à caractère personnel et accès à une plateforme digitale de l’OIM pour faciliter l’orientation des migrants.

La signature d´un protocole d’accord de partage des données à caractère personnel entre l´OIM et le projet est en cours d´élaboration. Entre-temps, en collaboration avec le bureau national de l´OIM, une campagne de sensibilisation a été lancée sur les opportunités des formations professionnelles et l´employabilité des jeunes. Cette campagne a permis d´inclure des migrants de retour dans les modules de formation dans la filière de l´énergie solaire.

Grâce à ses fonds propres, l’OIM a organisé des sessions de sensibilisation dans plusieurs régions du pays, permettant de présenter le projet ARCHIPELAGO, et de permettre aux migrants de retour de partager leur expérience. Ces sessions ont permis de mobiliser un groupe de migrants de retour en particulier en vue de de modules de formation à organiser dans les régions de Banfora et Bobo-Dioulasso. Il est à noter que les régions ciblées à travers ce projet de la filière mangue ne font pas partie des régions les plus touchées par la migration irrégulière et ne comptent donc que peu de migrants de retour.

Le projet de protocole d´accord avec le bureau national de l´OIM est actuellement en cours de révision et les modalités de coopération en cours de discussion. Entre-temps, le projet envisage de finaliser durant le 1er trimestre la programmation des activités de formation et le profil des apprenants

Pour tous les projets ARCHIPELAGO, les protocoles d´accord de partage des données à caractère personnel seront finalisés et signés avec le bureau national de l´OIM dans les pays  d’intervention.

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