Audition du Président de la CPCCAF, Mounir Mouakhar, dans le cadre de la réflexion de la Francophonie (OIF) sur sa nouvelle stratégie économique

Mise à jour le 29 septembre 2020

Audition du Président de la CPCCAF,  Mounir Mouakhar

dans le cadre de la réflexion sur la stratégie économique

de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)

Les auditions organisées en ligne par l’OIF, les 28 et 29 septembre 2020, ont permis d’entendre tout d’abord plusieurs grands intervenants et acteurs institutionnels, qui ont donné leur point de vue sur la stratégie économique de la Francophonie La commission économique de l’Union africaine, représentée pra l’Ambassadeur Victor Harison, a ainsi évoque les conséquences désastreuses du COVID19 et les actions nécessaires pour assurer la relance africaine. Madame Isabelle Durant, pour la CNUCED, a confirmé ces dires avec des chiffres à l’appui, alors que M. Federico Bonaglia, pour le centre de développement de l’OCDE, a rappelé sur les différentes dynamiques de développement de l’Afrique.

Après les académiques (Observatoire de la francophonie économique, Brakim Boudarbat ; FERDI, Professeur Plane ; Université nationale du Vietnam, Doteur Khuong Nguyen), l’OIF a entendu les représentants du secteur privé, dont M. Stève Gentily pour la FFA et M Fabrice Le Saché, pour le MEDEF International. Le Président de la CPCCAF, M Mounir Mouakhar, a évoqué, pour sa part, plusieurs points :

  • Sur les grandes tendances économiques des 5 prochaines années : aujourd’hui, par temps incertain de COVID19, nul ne saurait être clerc et prévoir de quoi demain sera fait. En dépit de ce manque de visibilité, on peut néanmoins insister sur quelques grandes tendances de fond pour l’Afrique, qui se fondent sur les projections de sa population en 2050 : La poursuite du double-choc démographique avec un renforcement de la métropolisation (croissance des villes côtières) et également une augmentation de la population dans les campagnes ; Des besoins toujours plus importants dans les secteurs essentiels pour le développement du continent : alimentation / production de produits agricoles, avec transformation locale des produits ; urbanisation / mise en place de services essentiels durables pour la population ; numérique / facilitation des process de production, commercialisation et des services les mieux adaptés à la population.
  • Sur les impacts de ces tendances sur les entreprises de l’espace francophone : L’Afrique est la part dynamique de la Francophonie, compte tenu de la croissance démographique qu’on y constate. Aussi, le français est la langue qui facilite les courants d’affaires et la mobilité des travailleurs dans une grande partie du continent. Le continent africain va devenir un grand marché de production et de consommation avec la constitution de la ZLECAF et l’adoption d’une monnaie commune comme l’Eco.Les entreprises africaines qui sauront profiter de la ZLECAF pourront aussi se lancer sur d’autres marchés francophones
  • Sur l’intégration de ces différents aspects dans la stratégie économique pour la Francophonie : La stratégie économique de la Francophonie doit avoir pour premier objectif le développement du secteur privé et des entreprises, qui sont à la base même de la croissance et également des sources essentielles de revenus pour les populations. Elle doit se fonder sur les besoins premiers du développement dans les pays les moins avancés, qui portent aujourd’hui sur la production agricole et la transformation locale des produits ; la transition énergétique et écologique, ainsi que le sanitaire / secteur de la santé. Pour cela, toute stratégie doit d’abord reposer sur les compétences locales qui convient de développer par la formation professionnelle et entrepreneuriale. Par ailleurs, la Francophonie doit contribuer à assurer une meilleure visibilité sur les économies du continent africain, grâce à des outils permettant la dérisquisation des investissements qui voudraient s’y faire. Egalement, grâce à des normes stables et un droit harmonisé, au travers d’initiatives et d’actions comme celles du RNF (réseau de normalisation francophone) et de l’OHADA
  • Sur le lien avec les actions de la CPCCAF : 

Depuis sa création à Dakar en 1973, la CPCCAF milite pour un développement économique africain fondé sur le secteur privé. Pour cela, la CPCCAF met en œuvre des programmes de renforcement de capacités des structures qui accompagnent les entreprises et activités sur le terrain. Elle met ainsi en place des formations professionnelles et entrepreneuriales dans les métiers porteurs pour le développement local et qui permettent la création d’entreprises et d’emplois.

L’OIF pourrait donner son appui à ces formations qui, dans des zones en difficultés comme le Sahel, contribuent aussi à la maîtrise des dérives sécuritaires. Cet appui pourrait se faire au travers d’un programme OIF avec la CPCCAF visant à mettre en place une formation francophone dans les métiers du numérique.

La CPCCAF agit par ailleurs pour favoriser les échanges avec l’Afrique, grâce à son Baromètre annuel des PME africaines qui permet, depuis 2007, d’avoir une meilleure visibilité sur les économies africaines.

L’OIF pourrait soutenir la CPCCAF dans son projet de bâtir un outil d’aide à la décision , fondé sur l’intelligence mathématique,  permettant la dérisquisation des investissements en Afrique, grâce à une information pertinente.

 La CPCCAF intervient enfin pour soutenir les partenariats entre entreprises francophones, qui peuvent se constituer moyennant notamment la plateforme FRANCO-FIL qu’elle a constituée avec la SEIN

 L’OIF pourrait enrichir la plateforme FRANCO-FIL moyennant des apports sur le droit OHADA et les normes. Aussi, l’OIF pourrait solliciter les membres du réseau CPCCAF pour l’organisation de missions commerciales.

  •  Sur l’attractivité de la Francophonie

 Le secteur privé est déjà impliqué dans la Francophonie et pourrait l’être encore davantage si cette dernière lui proposait des solutions concrètes faisant systématiquement  intervenir les entreprises locales et leurs représentants légitimes que sont les chambres consulaires

 L’OIF devrait aussi s’appuyer sur l’aide que certains grands  groupes internationaux pourraient lui apporter et qui serait propice à la mobilisation des plus petites entreprises.


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