À l’occasion de la 8e Conférence ministérielle de la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque d’import-export de Corée (KEXIM) ont signé, le 9 septembre 2026 à Séoul, un nouveau protocole d’accord destiné à renforcer leur coopération en matière de cofinancement. D’une durée de cinq ans, cet accord vise à mobiliser davantage de ressources, de technologies et d’expertise au service de projets à fort impact en Afrique.
Signé par Dr Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine de développement, et Hwang Ki-yeon, président-directeur général de KEXIM, le nouvel accord remplace le protocole de coopération conclu en 2005.
Il établit un cadre renforcé pour permettre aux deux institutions d’identifier, d’évaluer et de développer conjointement des opportunités de financement. Les partenaires pourront notamment mobiliser différents instruments financiers, parmi lesquels les prêts, les garanties et les prises de participation.
Cette coopération doit également contribuer à consolider les liens économiques entre la République de Corée et les pays membres régionaux de la Banque africaine de développement.
Des secteurs stratégiques au cœur des futurs investissements
Le partenariat cible plusieurs secteurs considérés comme structurants pour la transformation économique du continent.
Les domaines prioritaires identifiés comprennent notamment :
- l’intelligence artificielle et les technologies numériques ;
- les infrastructures nécessaires au développement du numérique ;
- la résilience des chaînes d’approvisionnement ;
- le développement et la transformation des minéraux critiques ;
- les transports ;
- le développement urbain ;
- les infrastructures vertes ;
- ainsi que les produits financiers destinés aux institutions financières, notamment les garanties commerciales.
Pour la Banque africaine de développement, l’objectif est désormais de transformer le cadre de coopération en un portefeuille concret de projets, en associant les financements et l’expertise technologique coréenne aux besoins d’investissement du continent.
La KOAFEC entre dans une nouvelle phase
La signature de cet accord intervient dans le cadre de la 8e Conférence ministérielle de la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), organisée à Séoul du 8 au 11 septembre 2026.
Cette édition marque les 20 ans de la création de la KOAFEC, dont le rôle a progressivement évolué : initialement centrée sur le dialogue politique et l’assistance technique, la plateforme est devenue un instrument de préparation de projets, de mobilisation des investissements et d’engagement du secteur privé.
Depuis sa création, les mécanismes de la KOAFEC ont permis de mobiliser environ 50 millions de dollars pour la préparation de projets, contribuant à constituer un portefeuille d’investissements supérieur à 6 milliards de dollars et à mobiliser environ 4 milliards de dollars de financements.
L’intelligence artificielle et le numérique comme leviers de transformation
Les échanges de la KOAFEC 2026 ont accordé une place centrale à l’intelligence artificielle, aux infrastructures numériques et au développement du capital humain.
La République de Corée, les pays africains et le Groupe de la Banque africaine de développement ont adopté le 9 septembre une Déclaration conjointe et un Plan d’action 2027-2028, qui placent ces enjeux au cœur de la prochaine phase du partenariat.
Le plan couvre également l’énergie, les infrastructures, le commerce, le développement du secteur privé et le capital humain. Au total, des représentants gouvernementaux de 45 pays africains ont participé à la huitième conférence ministérielle.
Cette orientation traduit la volonté des partenaires de rapprocher coopération technologique, investissements et développement des chaînes de valeur africaines.
Un partenariat qui ouvre des perspectives pour le secteur privé africain
Le renforcement de la coopération entre la BAD et KEXIM intervient dans un contexte où les investissements dans le numérique, l’énergie, les infrastructures et l’industrialisation à valeur ajoutée constituent des enjeux majeurs pour la compétitivité du continent.
La mobilisation conjointe de financements publics et privés peut notamment contribuer à améliorer les conditions de réalisation de projets structurants et à renforcer les opportunités de participation des entreprises africaines aux nouvelles chaînes de valeur.
Pour les acteurs du secteur privé et les réseaux consulaires, ces évolutions soulignent l’importance de suivre les nouveaux mécanismes de financement et les projets susceptibles de générer des opportunités économiques, technologiques et commerciales.
Vers une coopération Corée-Afrique davantage orientée vers l’investissement
Le nouvel accord BAD-KEXIM s’inscrit ainsi dans une évolution plus large du partenariat économique entre la Corée et l’Afrique : passer du dialogue et de l’assistance technique à une coopération davantage orientée vers la préparation, le financement et la réalisation de projets.
Avec le nouveau protocole de cinq ans, la BAD et KEXIM entendent renforcer leur capacité à transformer les priorités stratégiques identifiées dans le cadre de la KOAFEC en projets concrets, notamment dans les secteurs du numérique, des infrastructures, de l’énergie, des transports et des minéraux critiques.
Source : Banque africaine de développement (BAD), 16 septembre 2026.
