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L’agent consulaire : un consultant, un formateur ou un coach ?

Alain DUCASS, Consultant, formateur, coach et médiateur



Les chambres consulaires sont ainsi régulièrement sollicitées par les entreprises, les artisans, les agriculteurs pour leur expérience.

 Cette expérience peut, à mon avis, être de trois types :

  • Une expérience de consultant, qui transmet essentiellement un savoir sous la forme de compétences théoriques qui s’adressent principalement au cerveau (ex : je peux vous préciser les règles de droit applicables ou bien les techniques de l’ingénieur)
  • Une expérience de formateur, qui apporte essentiellement un savoir-faire sous la forme de compétences pratiques qui s’adressent principalement au corps (ex : je peux vous apprendre à parler anglais, à créer un site web…)
  • Une expérience de coach, qui transmet essentiellement un savoir-être, sous la forme de compétences relationnelles et humaines qui s’adressent principalement au cœur pour devenir plus empathique, innovant, autonome, solidaire…

L’agent consulaire agissant comme consultant transmet essentiellement un savoir

Le conseil est une activité très ancienne puisque les rois ont toujours eu des conseillers Aujourd’hui, de nombreuses entreprises recourent aux services des organismes consulaires et à ceux des consultants externes. Elles bénéficient ainsi de compétences diversifiées non maîtrisées en interne, pour aborder un problème difficile ou délicat, avec un diagnostic initial, une vision de l’objectif souhaité et un éventail de solutions envisageables, de  façon à prendre rapidement des décisions sur divers sujets. Pour que le conseil soit profitable, que le client voie plus clair et sache où aller, il faut un bon cahier des charges, sachant qu’ « un problème bien posé est à moitié résolu ».

 L’agent consulaire agissant comme formateur apporte essentiellement un savoir-faire

Bien poser un problème nécessite un savoir-faire particulier qui s’apprend. Avec l’émergence de  l’e-éducation, on constate que le savoir est de plus en plus disponible en ligne, tandis que le fait d’identifier, de chercher et de trouver ce dont on a besoin nécessite un apprentissage particulier. Un tel apprentissage implique en général un accompagnement de la part d’un formateur qui peut guider, orienter et corriger l’apprentissage.

 L’agent consulaire agissant comme coach apporte essentiellement un savoir-être

Même s’il puise ses sources dans la maïeutique de Socrate, le coaching professionnel s’est développé au 19ème siècle avec l’apparition des entraîneurs sportifs puis au 20ème siècle avec  le coaching de dirigeants d’entreprise. Fort de ses compétences en matière de psychologie et de conduite du changement, le coach se situe aux côtés de la personne accompagnée dans une position d'égalité. Le client définit son objectif personnel ou institutionnel et le coach s’efforce de discerner le besoin au-delà de la demande, puis d’identifier des blocages personnels ou institutionnels qui ont empêché jusqu’ici le client d’atteindre convenablement son objectif. La présence du coach à ses côtés, permet en général au client de prendre conscience de ses mécanismes réactionnels conscients ou inconscients, et d’explorer d’autres voies d’actions mieux adaptées à ses objectifs. Il en résulte un changement chez le professionnel accompagné et, par contrecoup, de changements dans la structure à laquelle il appartient.

 Certains agents consulaire et certains consultants, dont moi-même, conjuguent les compétences des trois métiers, nécessitant des formations très complémentaires et distillant savoir, savoir-faire et savoir être, en fonction du contrat établi avec le client. Voici deux exemples vécus dans le cadre de contrats avec ma société energeTIC.

 Une entreprise franco-africaine cherchait une réponse appropriée au changement de contexte lié au confinement et établit un contrat de consultant-formateur-coach de huit journées :

  • energeTIC débuta en tant que consultant par une approche systémique pour analyser le contexte et situer les forces, faiblesses, opportunités et menaces de l’entreprise ;
  • Une séance de coaching, avec une approche de type Processwork, permit au dirigeant de retrouver son rêve initial du fondateur, d’évoquer les principales tensions s’exerçant actuellement sur l’entreprise, et de les vivre dans un cadre sécurisé avec des jeux de rôles lui permettant d’envisager de nouvelles approches ;
  • Une séance de coaching avec l’équipe et le dirigeant leur permis d’aborder les sujets les plus délicats et de renforcer leur cohésion, au point que l’équipe demanda des réunions périodiques pour évoquer des sujets de long terme, en complément des réunions opérationnelles ;
  • Une séance de formation donna des points de repère utiles au dirigeants sur l’alignement stratégique et le plan marketing de l’entreprise ;
  • Un travail de consultant vint clôturer l’accompagnement, avec la proposition d’un plan stratégique et d’un plan d’actions incluant des innovations sur les points entrevus comme les plus sensibles.

 Ayant été licenciée, une spécialiste du monde arabe s’inquiétait de son avenir, en hésitant entre la recherche d’un nouvel emploi, rendu difficile par son âge, et la création d’une entreprise, présentant un risque financier, au cas où l’entreprise ne soit pas profitable.

  • La majeure partie de l’accompagnement fut consacré au coaching ponctué de relaxations permettant à la cliente de sortir de la réflexion pure, pour mobiliser d’autres fonctions de sa personne et notamment ses sensations, ses émotions et ses sentiments. Un travail sur les conditions du licenciement lui ont permis de découvrir ses angles morts. Un autre travail lui a permis de retrouver ses désirs profonds, présents depuis l’enfance et d’exprimer les priorités et les valeurs qui ont traversé les ans. Un travail sur l’usage de sa liberté lui a permis de négocier avantageusement une prime de licenciement. Au terme de l’accompagnement, une séance de coaching fut encore nécessaire pour qu’elle puisse choisir librement de transgresser sa famille, qui la voyait dans une autre posture que celle d’entrepreneur indépendant.
  • Une formation fut nécessaire pour lui enseigner les rudiments de la création d’entreprise et la recherche des clients ;
  • Un accompagnement fut enfin nécessaire, en travail collaboratif sur des outils comme Trello pour l’aider à mener de front les nombreuses tâches qu’implique une création d’entreprise.

 En conclusion, j’espère que les appuis apportés par les organismes consulaires seront progressivement étendus à la formation et au coaching pour que leurs clients augmentent non seulement leurs connaissances mais aussi leur savoir-faire et leur savoir-être.

 


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